Très fréquemment, des dossiers de deals de rues sont amenés à être examinés devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Et souvent, ces dossiers démarrent grâce à des constats policiers ou via une information policière. Pour Abdelmoneim, Hicham et Mohamed, c'est grâce à une information que les policiers vont découvrir un drôle de manège rue de Louvain, en centre-ville.

Ici, l'information transmise aux policiers carolos est encore plus précise. "On parle d'une activité dans un immeuble avec une porte bleue avec un fournisseur qui va chercher la marchandise à Bruxelles avant de la revendre en fixant des rendez-vous rue de la Digue. Le dealer occupe l'appartement du premier étage, son numéro de téléphone est fourni", précise la substitute Coduys.
Ni une, ni deux, les policiers décident donc de se rendre sur place pour avoir confirmation de l'existence de la drôle d'activité et pour éventuellement intervenir, le cas échéant. Et la première vérification effectuée au niveau de l'adresse renseigne déjà une précieuse information. Mohamed, déjà connu de la justice pour stupéfiants, habite sur place. Le 17 août dernier, un vendeur quitte l'immeuble et va au contact d'un client pour procéder à un échange. Interpellé, l'acheteur confirme bien se fournir en drogues sur les lieux.

Abdelmoneim, le vendeur, est finalement interpellé quelques mètres plus loin. Hicham, lui, quitte l'appartement en embarquant le GSM avec le numéro de téléphone du trafic. Dans l'appartement, les policiers mettent la main sur un peu plus d'un kilo d'héroïne. Mohamed est quant à lui interpellé à l'étage, avec cinq boulettes de cocaïne sur lui.

Face à la justice, Abdelmoneim est en aveu de vendre depuis 3 jours. Hicham confirme lui vendre depuis octobre 2020. Pour le parquet, Mohamed n'est nullement impliqué dans la vente, mais est simplement un consommateur de cocaïne. Ce dernier est d'ailleurs en état de récidive à la suite d'une condamnation à Bruxelles, pour des faits similaires, mais liés au cannabis.

La substitute Coduys retient également la circonstance d'association entre Abdelmoneim et Hicham. "Hicham donne les instructions à Abdelmoneim, qui s'en va ensuite vendre la marchandise en bas de l'immeuble." Pour le vendeur, c'est une peine de minimum 15 mois de prison qui est requise. Une peine de minimum 18 mois de prison est sollicitée contre Hicham. Pour Mohamed, c'est une peine de 20 mois de prison qui est demandée.

Les trois avocats, à la défense des prévenus, plaident une suspension probatoire, un sursis simple et une peine de probation autonome.

Jugement le 31 janvier.