Charleroi Deux artistes italiens immortalisent les derniers combattants du charbon.

Le site du Bois du Cazier profite de la commémoration de la catastrophe du 8 août pour vernir une exposition encore jamais présentée en Wallonie : c’est le travail photographique et vidéo de Fabio Caramaschi et Silvia Caracciolo, une installation de portraits, témoignages filmés et moyen-métrage diffusé en boucle. Intitulée L’âge du charbon, elle met en scène huit des derniers soldats de cette bataille industrielle.

"Nous l’avons réalisée en 2009", confie Silvia. Ce projet a mûri dans la foulée de son Erasmus à l’ULB où cette romaine était venue étudier le cinéma. Six des témoins ont disparu depuis lors. L’expo leur redonne la parole : chaque visiteur peut suivre en effet leur intervention sur un moniteur individuel à l’aide d’un casque audio.

Quant au moyen-métrage, il porte un regard tranché sur la Belgique des années cinquante, une Belgique pas toujours accueillante avec les travailleurs immigrés. Comme le racontent d’anciens mineurs, "l’accès à certains lieux nous était interdit. On disait même de nous qu’on était cannibales".

Présentée en 2016 à Bruxelles puis Anvers, l’installation s’invite dans le cadre prestigieux de l’ancien carreau de Marcinelle où elle restera un mois, jusqu’au 8 septembre. Les portraits sont des grands formats, des "paysages humains" comme aiment à dire les artistes. Nous y reviendrons ultérieurement.

Ce 8 août de 11 h à 17 h, un studio photo s’est invité au Cazier : Fabio Caramashi y saisira des Polaroid des anciens mineurs qui le lui demanderont, avec un appareil à soufflets des années cinquante. "Chaque portrait sera tiré sur un papier sensible qui a disparu du marché, explique-t-il. Je le développerai sous les yeux des participants, avant de le leur offrir." Des souvenirs en exemplaire unique !