Une "usine" de démantèlement et de recyclage d'avions verra le jour à côté de l'aéroport de Charleroi BSCA. Elio Di Rupo (PS), ministre-président wallon, et Jean-Luc Crucke (MR), ministre des Aéroports, l'ont annoncé ce jeudi.

Un montant de 39 millions d'euros a été dégagé avec les fonds du plan de relance européen. Le terrain retenu pour le projet est celui de la Sonaca, qui jouxte BSCA, où il sera possible de développer à la fois un hangar "quasi zéro énergie" et une bretelle d'accès direct à l'aéroport pour les appareils.

La SOWAER, le bras armé du gouvernement, a été mandaté pour acquérir le terrain, par expropriation si besoin.

"Nous avons l'obligation d'avoir des avions moins polluants, plus respectueux de l'environnement et du réchauffement climatique", explique Jean-Luc Crucke. "Il y aura donc des avions à démanteler, c'est l'occasion de développer des emplois, mais aussi de la recherche et de la créativité. Si l'aéroport de Liège a été envisagé, il est apparu que c'est à Charleroi que cette filière d'économie circulaire et de recyclage serait le mieux localisée."

Deux appels à projets seront lancés par la SOWAER. Le premier concernera la Recherche&Développement, avec 10 millions d'euros, pour les processus de démantèlement et de valorisation des "déchets" d'avions démantelés. Le second comprendra les infrastructures, la formation et l'emploi, ainsi qu'un volet digital : "ce dossier sera proposé à la fin de l'année, nous prévoyons 300 emplois directs et 600 à 800 emplois indirects", note le ministre. "C'est une nouvelle page de l'aviation qui s'offre à l'expertise wallonne. Il y a un passé important à Charleroi, le présent redécolle et le futur se dessine."

En Europe, deux sites de démantèlement existent déjà. Mais selon le ministre Crucke, le projet à Charleroi comprendra un volet innovant sur le recyclage des déchets issus des appareils démontés, pour valoriser cette matière première plutôt que la stocker.

Au plus tard, le dossier doit être finalisé pour 2025 d'après le calendrier fixé par l'Europe. Mais ce sera "as soon as possible", selon Jean-Luc Crucke.