Ça discute, ça discute, et ça coupe la parole à une seule personne: la femme.


Donnez-leur un micro, cinq minutes pour s’exprimer, et ils trouveront bien le moyen de répondre à côté de la question en mettant en avant leur programme. C’est comme ça qu’on pourrait résumer le débat électoral des têtes de liste qui s’est tenu hier soir à l’Eden.

Ce débat était, à la base, axé sur le concept de "Métropole" : comment penser la région et son avenir en termes de bassin de vie, y compris les communes environnantes, et non en simples entités cloisonnées que sont les communes. Il venait clôturer trois ans de conférences de la "Charleroi Academy", qui a regroupé des experts, des politiques et des théoriciens.

C’était ça, à la base. Parce qu’une fois la première thématique passée, on est vite rentré dans le train-train quotidien des élections et les programmes des différents partis. Dommage.

Dommage surtout que le bashing n’ait pas été mis de côté : on notera que Sofie Merckx (PTB), seule femme présente au débat, n’a eu de cesse de se faire interrompre par "les hommes". Plusieurs personnes dans l’assemblée ont relevé le problème, qui a d’ailleurs été une des questions au terme du débat. Et à la sortie, d’autres à qui on a parlé ont affirmé avoir été scandalisés par l’attitude des têtes de liste masculines.

C’est bien une question d’attitude, ici. Sur le fond, on le sait et on le voit en conseil communal : Sofie Merckx revient encore et encore à la charge avec les mêmes arguments, parfois tendancieux, qui sont à chaque fois démontés. À force, il y a de quoi s’emporter, certes. Mais les choses ont pris un désagréable aspect de pugilat quand ils s’y sont mis à plusieurs pour la réprimander, comme une enfant.

Ça ne signifie pas qu’ils soient tous machos, on ne fera pas de faux procès, mais le manque de respect envers la seule femme derrière un micro a de quoi faire sourciller. Ensuite, pas sûr que victimiser le PTB soit la tactique politique la plus intelligente.