Charleroi Carmela est maman de Luther, 8 ans, porteur d’une trisomie 21 et d’autisme.

Carmela Morici est une jeune maman d’un enfant de 8 ans, Luther, porteur d’une trisomie 21 et d’autisme.

C’est à la naissance de Luther qu’elle apprend qu’il est porteur d’une déficience. L’annonce fut difficile : "J’ai remballé tout le monde pendant 15 jours. Puis j’ai regardé Luther et tout a changé. Ça a été difficile au début. Mais très vite, la vie est devenue belle. Luther c’est un moteur, pour lui sa vie est belle et j’essaie de me nourrir de ça. J’ai grandi en même temps que lui. Il m’a rendu meilleure", raconte-t-elle.

Luther, c’est un petit garçon qui se lève tôt, il sourit avant même d’ouvrir les yeux. "Tout est ritualisé avec lui. Il faut faire les choses dans le bon ordre. Il ne faut laisser place à aucune improvisation. On a des journées très remplies, il faut juste être organisé. Luther c’est un enfant curieux, volontaire, qui n’a pas peur du changement. C’est mon altesse à bouclette, il est un peu fainéant et joue de son charme, il est lumineux, joyeux, facile, volontaire, agréable, têtu aussi, il n’a aucune conscience du danger, il travaille avec plaisir. On vit les moments intensément avec lui."

Être parent d’un enfant différent, ce n’est pas avoir une vie ordinaire. Carmela est une maman épanouie et heureuse. Elle travaille à temps plein et s’occupe de son petit garçon. "Je déteste le mot handicapé car ça veut dire qu’il ne sait rien faire. Luther est porteur de déficiences qui le mettent en situation de handicap. Mais petit à petit, nous le sortons de sa situation de handicap. Il ne sait pas parler, mais il sait se faire entendre par exemple."

Il a fallu s’organiser et mettre certaines choses en place pour lui, comme les nombreuses images accrochées dans la maison pour l’aider à mieux retenir certains concepts ou à quoi sert tel ou tel objet.

Carmela a également fondé l’asbl Alternative 21 qui a permis d’ouvrir une classe d’enseignement spécialisé dans une école normale. Luther est donc dans une classe avec onze autres enfants qui ont une déficience intellectuelle. L’idée est de lui permettre d’avancer à son rythme grâce à des objectifs fixés mais également de côtoyer les enfants de l’école ordinaire. "On les appelle les petits potes, ils sont heureux dans l’école, ils sont mélangés aux autres. C’est devenu naturel pour tous les enfants."

Carmela partage souvent son expérience, c’est une façon pour elle de montrer que tout est possible, que le bonheur est présent et qu’ils n’empêchent pas de vivre pleinement. "Être parent d’un enfant différent, c’est un bonheur sans nom. Chaque petit progrès de Luther, c’est une victoire. Il y a des choses sur lesquelles je n’ai pas d’emprise, mais je peux transformer les choses autour de lui. En fait, la récompense est proportionnelle aux moments de difficulté. On partage nos expériences, je veux montrer qu’on y arrive avec Luther."