C’est en front commun que la FGTB et la CSC de Charleroi mèneront leurs actions de grève nationale ce lundi 29 mars. Le mot d’ordre est donné : « Nous avons le sentiment que le patronat se fout de nous ! » observe Fabrice Eeklaer, secrétaire fédéral de la CSC Charleroi Entre Sambre et Meuse. « Une augmentation de 0,4% sur deux ans et l’absence de mesures d’aménagement de fin de carrière, c’est le mépris total de nos revendications et attentes après une crise sans précédent. » La gifle après les applaudissements, selon un slogan de la CNE. Son homologue de la FGTB Vincent Pestieau confirme : « Pour nous, il est important d’informer l’ensemble de la population sur le risque que représente l’interdiction de négocier des marges salariales. Le front commun va y mettre les moyens. »

Dans ce cadre, une gazette des salaires sera distribuée, dans l’esprit de la gazette des pensions qui avait bien marché. Le front commun appelle aussi ses militants à se mobiliser pour bloquer l’accès aux entreprises « qui se sont enrichies pendant la pandémie sans retour vers le personnel. » Secrétaire fédérale CNE en Hainaut, Isabelle Wanschoor cite le commerce alimentaire, le bricolage, les magasins d’ameublement… En mettant en chômage une partie de leur personnel et en organisant le click&collect, ces enseignes ont parfois gagné en six mois le chiffre d’affaires d’une année complète. Des piquets seront présents à l’entrée des points de vente, hyper et supermarchés, discounters (Carrefour, Delhaize, Match, Lidl, Aldi, etc.). Mieux vaut oublier aller faire ses courses. Idem dans le low cost non alimentaire (Action, Trafic, etc). Par contre, rien n’est prévu dans les centres commerciaux comme Rive Gauche ou Ville 2. Deux autres secteurs prendront part aux actions : le non marchand tournera au ralenti, le secteur des services aux familles sera aussi touché… Dans le transport public, les bus resteront au dépôt, un préavis a été déposé mais des trains circuleront en raison du service minimum. Pas d’entrave à l’entrée des administrations où la limitation salariale ne sera pas d’application. Mais des militants du secteur public viendront prêter main forte.

Dans le métal, les travailleurs sont remontés, y compris à la Sabca et la Sonaca où le combat des fins de carrières apparaît primordial. Le secteur verrier sera complètement à l’arrêt, il y aura des actions dans la logistique et la chimie. Si des employeurs de la construction ont appelé leur personnel à venir travailler, les syndicats ont prévu d’effectuer un tour des chantiers afin de sensibiliser. Pas de QG commun pour cette action de grève. « Nous fonctionnerons par bulles afin de limiter les risques d’infection. »