Charleroi Les candidats victimes de racisme, sexisme ou autre l’avaient pourtant annoncé avant les élections. Seul Alain Eyenga, ex-échevin MR sur la liste DéFI, l'a fait.


Tenir des propos racistes, sexistes ou homophobes dans l’espace public, y compris les réseaux sociaux, constitue une infraction pénale : au cours de la campagne électorale, plusieurs candidats en ont fait les frais. Mais deux semaines après les scrutins, seul un d’entre eux a pris contact avec le référent de la zone pour déposer une plainte. Il s’agit de l’ancien échevin MR Alain Eyenga, qui se présentait sur la liste DéFI.

"J’ai laissé le temps de la réflexion à l’auteur pour me présenter ses excuses, explique ce dernier. Je l’ai même personnellement contacté afin de l’en informer. Comme un mois s’est écoulé depuis les faits, j’ai considéré qu’il ne souhaitait pas le faire. Les preuves de l’infraction ont donc été transmises à la police."

C’est en l’occurrence une copie d’écran. "De tels éléments nous permettent d’établir l’infraction et le cas échéant d’ouvrir une enquête, explique David Quinaux, le policier de référence pour les discriminations. "Avec la technologie et les outils dont nous disposons, nous avons les moyens d’identifier n’importe quel auteur même s’il agit sous le couvert de l’anonymat. Il est relativement aisé de le tracer via son adresse IP."

Victime d’injures racistes , Gaétan Bangisa, suppléant sur la liste PS aux régionales, nous avait indiqué son intention de ne pas laisser l’affaire sans suite. À ce jour, il ne s’est toujours pas manifesté auprès de la police. Idem pour Olivier Henry, candidat effectif sur la même liste, victime d’une agression homophobe. Au MR, Philippine Dhanis avait subi des propos transphobes, exprimés de façon plus insidieuse.

L’arsenal législatif belge n’est plus dépourvu de moyens de recours. Et au niveau judiciaire, il y a une volonté de sanctionner de tels délits. La meilleure preuve en est le jugement récemment rendu à l’encontre de l’agresseur du porte-parole du PTB Germain Mugemangango. L’intéressé a écopé d’une peine de 6 mois de prison ferme. "Dans notre arrondissement, des policiers ont été désignés dans chaque zone pour accueillir les victimes et enregistrer leurs plaintes." Encore faut-il que celles-ci soient déposées.