Il a violé sa belle-fille de 9 ans et filmé sa propre fille et sa belle-mère sous la douche.

Il aura fallu que des enquêteurs suisses plongent dans les tréfonds vaseux des réseaux « peer-to-peer » (partage de fichiers) pour mettre au jour les activités répugnantes de François D., un habitant de Couillet. Les perquisitions menées à son domicile ont confirmé les craintes : le suspect avait réservé une pièce complète pour stocker les fruits de son vice. « Il passait son temps quasi exclusivement à collecter les photos et vidéos les plus vicieuses, mettant en scène des enfants », a tonné la substitute Vanhollebeke qui poursuit François pour viol sur mineur, attentats à la pudeur, détention de matériel pédoporno et voyeurisme. « Il y avait des centaines de milliers de fichiers, tout n’a donc pu être analysé. Mais les enquêteurs ont trouvé tout ce qu’il y a de plus vil dans la nature humaine, comme des actes de zoophilie impliquant des mineurs ou le viol d’un bébé ».

Consciencieux dans son classement, François avait intitulé l’un de ses dossiers : « les femmes que j’ai baisées ». Il y figurait une série de vidéos filmées depuis les caméras installées dans ses WC et sa salle de bain. « Toutes les dames qui sont passées chez lui ont vu leur intimité violée », a enchaîné la magistrate, en colère. « Il est allé jusqu’à filmer sa propre fille, sa belle-mère et une amie de sa compagne ».

Mais des faits (encore) plus abjects ont été découverts durant l’interrogatoire du suspect. Lors de l’examen des fichiers, il est apparu qu’il s’était filmé tandis qu’il violait sa belle-fille. « Elle n’avait que 9 ans lors des premiers faits. Il a commencé en tentant de l’embrasser et, quand elle a refusé, il a menacé de faire du mal à sa petite soeur. Il a ensuite procédé à des attouchements avant de passer aux pénétrations. La semaine de son 13e anniversaire, elle a passé les vacances chez lui. Elle ne se souvient pas d’avoir fait autre chose que d’être son esclave sexuelle. Il avait même fabriqué des sextoys spécialement pour elle ».

Vu la perversion du prévenu, le temps consacré à ses pulsions vicieuses et l’horreur de ce qui a été découvert, le parquet avait requis une peine de 12 ans de prison ferme.

Me Fosseur, conseil de François D., avait plaidé l’acquittement pour les caméras cachées dans les WC. Selon la Cour de Cassation, il ne peut s’agir d’attentat à la pudeur, mais bien de voyeurisme, puisque les victimes étaient filmées à leur insu. La défense a obtenu raison sur ce point. Mais le tribunal a estimé tous les autres établis, condamnant le pervers à 10 ans de prison ferme. Ses recherches « débridées », son absence de remise en question et, bien entendu, les dégâts qu’il a causés, ont penché lourdement dans la balance.