38 % des dépenses sont liées au personnel communal.

La Ville se refuse à sacrifier la poursuite de son redressement à l’austérité budgétaire : c’est en substance le message du bourgmestre Paul Magnette (PS) lors de la présentation du budget communal 2016, adopté au conseil majorité PS-MR-CDH contre opposition Ecolo-PTB.

C’est grâce à une aide exceptionnelle de 5 millions de la Région wallonne que la ville parvient à l’équilibre des recettes et dépenses. " Le citoyen n’est soumis à aucune taxe nouvelle. Quant aux économies, elles proviennent de la mise en œuvre de mesures de gestion, avec une couche supplémentaire de 2 millions d’euros par rapport à l’année précédente : 40 % de nos dépenses sont liées aux transferts (dotations au CPAS et à la zone de police), 38 % au personnel, c’est la part incompressible du budget. "

Grâce à une légère indexation du fonds des communes (+ 2 millions) et à une réduction du coût du service d’incendie (- 3 millions) dans la configuration de la nouvelle zone de secours Hainaut Est, Charleroi trouve les moyens de financer un plan d’embauche et de nomination, d’un total d’1,5 million.

Au service extraordinaire, les investissements dans la rénovation urbaine et la remise en état des bâtiments restent à un niveau élevé : en trois ans, Charleroi y a consacré autant d’argent qu’en deux mandatures antérieures. Pour le bourgmestre, la majorité tient donc ses engagements politiques, elle est sur le bon cap.

Une analyse battue en brèche par l’opposition. Pour Luc Parmentier (Ecolo) et Sofie Merckx (PTB), "la qualité de l’offre de service se détériore : des piscines ont été fermées, comme des guichets d’état civil; on a sacrifié des plaines de jeux et des bibliothèques, augmenté les tarifs de garderies scolaires. En trois ans, plus d’un demi millier d’emplois ont été perdus dans la fonction publique communale où l’effectif fond comme neige au soleil : en 2013, il y avait 3.568 agents, on est tombé à 3.020 en 2015…" Selon Xavier Desgain (Ecolo), la plupart des projets de Charleroi sont comme les trains de la SNCB : annoncés 1, 2 et même 3 fois avant d’entrer en gare, beaucoup partent en retard et ceux qui démarrent à l’heure mettent plus longtemps que prévu à arriver à destination.

Pour le bourgmestre, le taux d’exécution des projets s’est nettement amélioré par rapport à 2010 où il n’était que de 19 %. "Nous sommes aujourd’hui à 54 %." Quant au projet d’auberge de jeunesse, l’échevine du Tourisme Julie Patte (PS) a indiqué que le choix de la localisation n’était pas encore arrêté : construction d’un bâtiment neuf ou rénovation, la procédure de marché public est en cours pour un montant de 11 millions. Décision l’an prochain.