Organisé à la Géode, Muslim Expo a attiré des milliers de visiteurs.

Jamais l’organisation d’un salon n’avait suscité autant de bruit que celui de Muslim Expo, cet événement qui a eu lieu ce week-end à la Géode à Charleroi. Tout un foin pour au final pas grand-chose. De fait, aucun incident n’est à signaler.

Ce salon, organisé par des Belges de confession musulmane, s’est adressé à la communauté nationale. "Muslim Expo permet de mettre en avant la normalité des musulmans de Belgique au quotidien", souligne le porte-parole Ayoub Lamrini. "Nous sommes dès lors très heureux d’avoir pu accueillir autant de personnes non-musulmanes. Les visiteurs ont pu ici découvrir d’une part, ces musulmans qui revendiquent leur belgitude et d’autre part, leur lifestyle, c’est-à-dire leur mode de vie."

C’est d’ailleurs cette raison qui a poussé Jean à s’y rendre. "Je suis venu par curiosité. Ce salon nous a permis d’avoir un échange entre ces personnes pratiquant l’Islam et le catholique que je suis. Car aujourd’hui, nous avons peur l’un de l’autre alors qu’en fin de compte, nous sommes pareils. Les religions, sur le fond, se ressemblent toutes. C’est malheureux mais les gens ne voient l’Islam qu’à travers l’actualité. Aujourd’hui, il est difficile d’être musulman."

Il faut dire qu’après les récents attentats, cette communauté est aujourd’hui stigmatisée. "Cela nous a permis quelque part de détruire certains préjugés", précise Ayoub Lamrini.

Pour cette troisième édition, la première en Wallonie, près de soixante exposants ont été présents et ont proposé des produits de bouche, des vêtements,… Des associations locales étaient également de la partie. Bref, un salon de tout ce qu’il y a de plus normal. Quoique. Les conférences, auxquelles ont participé plusieurs intervenants controversés, n’ont pas été déprogrammées, à l’exception du Marocain Abouzaïd El Mokrie El Idrissi, membre du PJD (Parti de la justice et du développement) et de l’Union internationale des savants musulmans.

"Le fil conducteur de ce salon était la fraternité et le vivre ensemble", termine le porte-parole Ayoub Lamrini.