Malgré des acquittements partiels, David V. écope de 56 mois de prison avec sursis.

David, un Marchiennois d’une quarantaine d’années, risquait gros devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

À l’audience, le parquet avait en effet requis 15 ans de prison à son encontre pour des abus sexuels sur huit enfants de son entourage, à savoir des neveux et nièces, ainsi que des petits voisins.

Des faits qu’il niait farouchement, évoquant une "cabale familiale". David était en effet le chouchou d’une fratrie de sept enfants. À la mort de sa mère, chez qui il a toujours vécu, c’est lui qui a hérité de l’habitation familiale, provoquant l’ire de ses frères et sœurs.

Chez le notaire, les menaces ont fusé à son encontre : "on t’aura", "on te fera enfermer"… Et quelques jours plus tard, trois enfants de la famille ont déposé plainte conjointement pour des abus sexuels contre l’oncle David.

En dépoussiérant ce dossier, qui se serait étalé sur une quinzaine d’années, les enquêteurs ont découvert cinq autres victimes potentielles, même si certaines n’ont jamais accusé le prévenu formellement.

Et pourtant, le parquet est bien convaincu de la perversité et de la culpabilité de l’intéressé. "Avec les filles, il se contentait de se glisser dans leur lit lorsqu’elles venaient dormir chez leur grand-mère, avec qui il habitait. Et il procédait à des attouchements", a déclaré le substitut Vervaeren lors de son réquisitoire.

Et de reprendre : "Les garçons, eux, étaient appâtés par des cadeaux. Est-ce normal qu’un quadragénaire, dont la vie sentimentale est inexistante, invite des gamins à venir jouer à la console ? Pendant plusieurs jours, ça se passait bien. Et puis le prévenu finissait par s’emparer d’une arme pour les menacer et les contraindre aux pires sévices."

Me Mayence, conseil de David, a par contre plaidé l’acquittement, en se basant surtout sur les manquements de l’enquête et les contradictions des prévenus.

"Et puis faites le compte de ce qu’on lui réclame aujourd’hui : cela correspond à peu de chose près au prix de la maison dont il a hérité", avait lancé l’avocat.

Mercredi, le tribunal a tranché. Pour la plupart des parties civiles issues de la famille, un doute subsiste. Seule Lydie, qui avait écrit une lettre racontant son calvaire lorsqu’elle était gamine, est reconnue comme ayant été victime d’abus sexuels.

Un autre petit garçon, contre lequel David s’est frotté dans un lit, est également considéré comme crédible… mais la tentative de viol n’est pas suffisamment fondée.

David a par contre été reconnu coupable pour d’autres faits de mœurs, notamment sur des voisins. Il écope au total de 56 mois de prison, avec un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive. Le parquet envisage déjà de faire appel.