C’est l’intercommunale Igretec qui exploite ce réseau.

En tirant sa chasse d’eau ou en lessivant son linge, chaque citoyen alimente le réseau de collecte et de traitement des eaux usées.

Dans la zone de Charleroi Sud Hainaut, c’est l’intercommunale Igretec qui exploite ce réseau. Organisme d’assainissement agréé, l’opérateur gère 350 kilomètres de conduites, 126 stations de pompage, 9 stations de démergement et 44 stations d’épuration, dont celle de Montignies-sur-Sambre. Sa capacité de 200.000 équivalents habitants en fait l’une des plus grandes de Wallonie : chaque année, elle "lave" 17 millions de mètres cubes d’eau d’origine domestique ou industrielle, chargée de composants azotés, phosphatés et carbonés.

Matière fécale, urine, résidus de nettoyage en sont les principaux vecteurs. Comme l’explique le directeur d’exploitation des ouvrages d’épuration et de démergement d’Igretec Olivier Liénard, " la dépollution est assurée par procédé biologique, à l’aide de bactéries. A l’entrée, un système de grilles permet de retenir les gros objets (pierres, morceaux de bois), suivi par un tamisage plus fin à mailles de 6 mm. En 2015, nous avons récupéré ainsi 156 tonnes de déchets, dont 95 de sable."

Matériaux de construction, emballages, lingettes nettoyantes (leur accumulation crée de véritables bouchons), résidus bitumeux constituent l’essentiel de ce gisement. Il arrive qu’on y trouve des déchets tout à fait inattendus.

Olivier Liénard se souvient de la présence d’un… caddie de supermarché, arrivé on ne sait trop comment. A haut débit, le flux d’eaux usées (2.000 mètres cubes à l’heure par temps sec) est pompé vers un point haut et s’écoule ensuite de manière gravitaire.

Après un dessablage-déshuilage, il est soumis à une décantation primaire, qui permet d’éliminer les particules en suspension. Commence alors l’épuration biologique : au moyen d’une flore bactérienne adaptée, les polluants organiques sont écartés. Au terme d’un cycle d’une durée de 24 heures, les eaux sont éclaircies pour leur rejet en Sambre : leur composition est conforme aux normes européennes. Une zone de dégazage précède la clarification. Les boues résiduelles sont déshydratées et transformées en effluents pour l’industrie agricole, où elles sont valorisées. Quelque 7.000 tonnes sont produites annuellement.

Une unité de traitement de l’air complète l’infrastructure. Objectif : assurer une désodorisation efficace et mettre le quartier à l’abri de nuisances…