Charleroi Homophobie, racisme : quand le Web sert à insulter les candidats aux élections.

Tenir des propos racistes ou homophobes est passible de sanctions pénales, aggravées si cela est fait en public comme on doit le constater sur les réseaux sociaux.

Plusieurs auteurs de contenus incitant à la haine ou d’injures à des candidats gays ou d’origine étrangère vont en faire les frais judiciaires dans la circonscription de Charleroi Thuin, car des candidats aux élections qui en ont été victimes ont décidé de déposer plainte.

"Va te présenter chez toi", "Restons belges", "apprends les règles de notre pays" : les commentaires insultants ont ciblé notamment deux candidats noirs sur des listes différentes. Le premier avait déjà eu à vivre cela lors de la campagne d’octobre pour les communales. "À l’époque, je n’avais pas saisi la justice", confie-t-il. "Ce sera fait cette fois car il est important d’agir, de ne pas laisser de tels dérapages impunis." Quant au second, il a réglé le problème en informant une dame qui l’avait injurié des risques de poursuite qu’elle encourait. Dans un autre cas, il déposera plainte si des excuses ne lui sont pas faites.

Un candidat homosexuel s’est fait injurier sur Facebook : lui aussi a pris la décision de ne pas laisser cette affaire sans suite. "Il y a des lois, elles doivent être appliquées", lance-t-il, en confiant que de tels propos font toujours mal. S’il a été bien reçu dans presque toutes les maisons où des citoyens l’ont accueilli lors de ses porte-à-porte, il a quand même eu droit à la douche froide chez une personne qui l’a éjecté de son domicile après qu’il lui a dit qu’il était gay.

Enfin, en région de Thuin, une candidate transsexuelle a essuyé les plâtres d’attaques ciblées et insidieuses : "Mais où va-t-on ?", "Bienvenue dans la Belgique de la débauche !". "Cela manque de contenu pour motiver le dépôt d’une plainte", dit-elle.

Nombre d’usagers méconnaissent les lois et franchissent facilement la ligne rouge : un autre candidat estime qu’une conversion en travaux d’intérêt collectif serait plus pédagogique qu’une peine. Pour lui, "envoyer par exemple des racistes travailler dans un centre fermé pour en découvrir les réalités, ou des homophobes au siège d’une maison arc-en-ciel aurait beaucoup plus de sens."