Charleroi Il a vidé trois chargeurs dans la porte et les fenêtres.

Aldo D. vient d’être condamné par le tribunal de Charleroi à 4 ans avec sursis pour avoir vidé trois chargeurs de 7.65 sur la façade de son ex-femme à Couillet. En juillet 2016, le septuagénaire décide, en pleine nuit, de donner un "coup de frayeur" à son ancienne partenaire. Il vient d’apprendre que ses comptes bancaires ont été gelés et il est persuadé que c’est de sa faute. Ils sont, en effet, en conflit à propos d’une dette de 5 000 €. Il a passé la soirée à boire et n’a plus les idées claires. Il se munit alors d’un revolver, acheté illégalement des années plus tôt, et se dirige vers le domicile de son ancienne conjointe. Arrivé sur place, il va tirer 24 projectiles sur la façade. Il vise principalement les fenêtres et la porte. Il ne touche heureusement personne.

Le 12 décembre 2018, s’ouvrait le procès d’Aldo au tribunal correctionnel de Charleroi. Il était jugé pour tentative d’assassinat mais son conseil, Me Vander Eynde, avait plaidé pour une requalification des faits. Elle avait contesté l’intention homicide et souhaité voir les faits être disqualifiés en menaces par gestes ou emblèmes. Selon la défense, Aldo connaissait bien la maison et avait visé des pièces où l’habitante ne pouvait pas se trouver.

Pourtant, elle était bien à portée des coups de feu. Elle se trouvait, en effet, dans le salon, à l’avant de la maison et non pas à l’arrière comme l’avait imaginé Aldo. Un élément qui n’a pas échappé à la partie civile ainsi qu’à Luc Bouilliez, substitut du procureur dans cette affaire. Ce dernier était convaincu qu’il s’agissait là d’une tentative d’assassinat. Il avait argumenté sa thèse en rappelant que le prévenu avait essayé l’arme chez lui auparavant pour "savoir ce que ça faisait".

La sixième chambre correctionnelle a rendu son jugement ce mercredi. Elle a retenu la demande de requalification de la défense et a condamné Aldo à une peine de 4 ans avec sursis pour menaces par gestes ou emblèmes.