Si l’on passe sous silence la fermeture inattendue édictée par le Codeco du mercredi 22 décembre, cassée quelques jours plus tard par le Conseil d’État et qui n’a pas manqué de faire réagir les institutions de la première métropole wallonne (lire ci-dessous), l’année 2021 s’est achevée sur une note positive pour le microcosme culturel carolo: le théâtre de La Guimbarde a enfin officiellement inauguré ses nouveaux locaux, du côté de la rue des Gardes. La fin d’un long chantier qui permet de se rappeler que plusieurs autres lieux d’importance sont, eux aussi, en travaux. Et qu’ils n’ont pas nécessairement été plombés par la pandémie et coulés par le coronavirus.

La directrice de La Guimbarde, Gaëtane Reginster, avouait même, le jour de l’inauguration, en ce 14 décembre: "Ça peut sembler paradoxal mais la pandémie et les confinements nous ont en fait permis de procéder à toute une série de tests techniques qui nous auraient pris plus de temps si nous avions dû gérer nos autres activités et le public en même temps."

Un sentiment partiellement partagé du côté du Centre culturel du Pays de Charleroi, où les rénovations du bâtiment du CINQ, voisin de l’Éden, qui va tripler la superficie actuelle de l’institution, se poursuivent. Fabrice Laurent, le directeur, l’avoue: "Si nous avions vécu ces deux dernières années hors pandémie, avec une programmation à 100%, le chantier aurait évidemment été ralenti. D’ailleurs, nous avions de toute façon prévu, à l’ouverture des travaux, une période tampon pour le printemps 2020, sans pouvoir alors imaginer que nous serions en plein lockdown." Il reconnaît au processus une autre heureuse conséquence: "Le chantier du CINQ, en tant que contrainte logistique, nous a amenés à sortir de nos murs." Une pratique évidemment encouragée par les mesures sanitaires liées à la pandémie. "Je crois qu’on peut carrément dire que nous avons réinventé une manière de faire nos métiers et de rencontrer les publics."

La première phase du chantier se termine, celle que l’Éden maîtrise, en matière d’architecture et d’accueil du public, telle que toute la zone du nouveau jardin d’hiver, qui est déjà accessible. Au printemps 2022 démarrera la seconde phase, celle des économies d’énergie, gérée par la Ville de Charleroi.

Pour l’Ancre, théâtre royal, c’est aussi l’angle des économies d’énergie qui avait permis d’envisager les travaux, il y a six ans et demi, lorsque le ministre Nollet avait débloqué des subsides exceptionnels, à ce titre. "Mais le chantier à proprement parler n’a toujours pas commencé", constate le directeur Jean-Michel Van den Eeyden, qui souligne quand même: "La convention de travaux entre notre ASBL et la Ville de Charleroi a enfin été approuvée par le conseil communal de ce 20 décembre 2021. La pandémie nous a fait perdre certainement un an sur le calendrier initial. Le seul point positif, c’est certainement que, dans cet intervalle, la Ville a ajouté 3 millions d’euros aux 7 millions amenés par la Région." En cette année 2021, l’Ancre a surtout dû quitter ses murs pour être accueillie tantôt aux Écuries de Charleroi danse, tantôt à l’Éden ou, surtout, au Centre de délassement de Marcinelle. "Sans cela, si nous avions respecté les conditions d’accueil, nous aurions eu à peine trente personnes dans notre salle", rappelle Jean-Michel Van den Eeyden, qui voit donc aussi là une répétition du nécessaire exode lorsque le chantier démarrera pour de bon. "Pour l’instant, la fin des travaux est évoquée pour juillet 2025."

À la Ville haute

Plus tard, donc, que l’échéance évoquée de l’automne 2023, pour Charleroi DC. Les grands travaux de la Ville haute impactent, à leur manière, l’environnement tout proche du Palais des Beaux-Arts, entre la rénovation de la place du Manège et la transformation du Palais des Expositions, et celui du BPS22, en plein cœur du campus de l’UT. Là, en cette année 2021, le plasticien en résidence au musée d’art de la province de Hainaut, Alexis Deconinck, est intervenu par trois fois, transformant notamment des barrières Heras en drapeaux flottant au vent ou, le 11 décembre, en invitant des citoyens à partager un pique-nique au cœur des gravats.

Dernier chantier culturel en cours à la Ville haute, le Musée des Beaux-Arts va reprendre ses travaux, dans les anciennes écuries Defeld, à l’ombre de la Tour bleue, dans quelques jours, dès la fin de la trêve des confiseurs. L’ouverture est espérée dans le cours du second semestre de cette année 2022.