La Ville de Charleroi entend mobiliser 120 millions en cinq ans.


Pendant des mois, les jeunes sont descendus dans la rue le jeudi pour appeler à la mobilisation. L’ampleur des moyens déployés à Charleroi laisse penser que le message de l’urgence climatique y a été reçu cinq sur cinq.

Pour améliorer l’efficacité énergétique de ses bâtiments, la Ville de Charleroi a prévu de recourir à différents modes de financement, dont le tiers investisseur. Le principe est très simple : un partenaire externe préfinance les travaux économiseurs d’énergie et se rembourse sur les économies réalisées.

Comme l’explique l’échevin des Bâtiments et de la Transition Écologique Xavier Desgain (Ecolo), il a été décidé de mobiliser deux dispositifs à hauteur de 12 millions par an chacun, soit un total de 120 millions pendant la durée du plan pluriannuel d’investissement. Ce sera d’une part auprès de l’intercommunale Igretec, de l’autre auprès du programme wallon Renowatt.

Concrètement, leur intervention n’impactera pas le budget communal puisque les remboursements seront entièrement couverts par les économies. Tout bénéfice pour l’environnement avec à la clé, une baisse des émissions de gaz à effet de serre. "Cela devrait nous aider à respecter la norme zéro carbone que la Wallonie s’est imposée à l’horizon 2050", observe Xavier Desgain.

Les écoles seront les premières bénéficiaires de l’opération, 60 % de l’enveloppe bâtiments leur étant destinés. L’école Cobaux, celles de Jumet Centre et de Marcinelle Centre, le CECS de Couillet, l’école industrielle de Jumet ne sont que quelques-unes des implantations qui seront rénovées avec les fonds d’investissement d’Igretec.

À noter que l’intercommunale offre un service complet, depuis l’audit énergétique au suivi des consommations en passant par les propositions d’amélioration, l’étude des travaux et la maîtrise d’ouvrage. Chaque commune membre dispose d’un droit de tirage proportionnel à sa souscription en parts sociales. Selon cette logique, Charleroi pourrait mobiliser jusqu’à 46 millions. "Nous avons convenu de nous en tenir à 12 par ans pour garder la maîtrise des dossiers", indique l’échevin.

L’avantage de la formule, c’est qu’elle permet de réaliser des travaux complémentaires d’embellissement ou de confort, avec des durées d’amortissement plus longues.

Dans le cadre du programme Renowatt, la ville est occupée à élaborer une liste de biens à améliorer : des expertises confirmeront l’opportunité des travaux et permettront d’en établir la liste. La procédure débutera en septembre.