Près d'un an après le passage en zone 30 de l'hypercentre à Charleroi, il s'avère que sur certaines avenues et boulevards larges et rectilignes, des aménagements de voirie seront nécessaires, pour faire diminuer la vitesse.

C'est ce qu'il ressort d'une réponse de l'échevin Xavier Desgain (Ecolo) à une question écrite du conseiller indépendant Nicolas Kramvoussanos. "Il a quand même été constaté que, sur certains tronçons bien identifiés, comme le Boulevard Dewandre (en continuation de Zoé Drion, NdlR) par exemple, la vitesse des automobilistes dépassait largement, trop largement les 30 km/h : il s’agit souvent de voiries larges et rectilignes qui incitent naturellement au relâchement et qui feront l’objet d’aménagements physiques en vue d’y faire baisser la vitesse", détaille l'échevin. De manière plus générale, les dispositifs qui informent les automobilistes que le centre de Charleroi est en zone 30 vont également être améliorés. 

Il faut savoir que depuis l'adoption du nouveau dispositif, qui est entré en action au début du confinement l'année passée, aucune action répressive n'a été engagée. C'était une volonté de la Ville de Charleroi: "l'objectif était et reste de faire accepter cette zone 30 par les citoyens. Une longue période d'acclimatation n'est pas une mauvaise idée en soi, et il n'est pas nécessaire ni opportun de se montrer sévère d'emblée alors que la mesure doit surtout être intégrée et comprise", rappelle encore Xavier Desgain. C'est la raison pour laquelle la police n'a pas fait appliquer strictement la zone 30 en mettant des PV, mais s'est concentrée sur des actions préventives notamment avec un radar avertissant le conducteur de la vitesse à laquelle il roule réellement.

Quand à savoir si le respect de la zone 30 est mesurable, s'il y a des données objectives, et s'il y a un impact positif de la nouvelle mesure sur le trafic vélo - également part de la question de Nicolas Kramvoussanos - c'est plus difficile à dire. En effet, les radars préventifs ne font qu'afficher la vitesse, ils ne saisissent pas les données. Cependant, des "duo-counts" (appareils mesurant le trafic) ont été placés et les chiffres sont en cours d'analyse. Pour les vélos, un dispositif de comptage doit encore être acquis par la Ville de Charleroi. "Ceci étant, les cyclistes habituels nous indiquent qu'il y a une augmentation de la fréquentation du centre-ville par les vélos", conclut malgré tout Xavier Desgain.