Charleroi Duran B. est accusé par ses deux filles et sa femme de violences et de viols.

Quinquagénaire, le prévenu est suspecté, entre 2008 et 2017, d’avoir violenté ses deux filles et violé sa femme à plusieurs reprises. Elles auraient vécu un véritable enfer au sein du domicile familial.

Alicia (nom d’emprunt) était la souffre-douleur de son père. Il l’insultait, lui distribuait des claques, des coups de pied et de poing. Sa sœur, Melissa (nom d’emprunt) est plus âgée et à sa majorité, elle a fui la maison sans donner son adresse, en changeant son numéro de téléphone afin d’éviter que son père la retrouve. "Moi j’ai tout donné pour ma famille. J’étais peut-être un peu plus strict au niveau de l’école et lorsque certains bulletins étaient mauvais, je donnais des claques mais c’est tout", justifie le père de famille. Concernant les viols sur sa propre femme, il confirme qu’elle était à chaque fois consentante.

Me Gobbe représente les trois femmes. Elle a souligné l’attitude du prévenu qui ne se remet nullement en question et qui se fait passer pour la victime. Mais elle a également évoqué le traumatisme psychologique dont souffrent les victimes après avoir vécu un véritable enfer. "L’état psychologique de mes trois clientes est loin d’être folklorique", souligne Me Gobbe.

Le ministère public est longuement revenu sur les circonstances qui ont amené les autorités judiciaires à avoir connaissance des faits : "C’est la jeune Alicia qui craque littéralement à son école et qui raconte tout ce qui se passe depuis des années. L’école a averti la police et le dossier a démarré." Pour la substitute, aucun doute, les préventions sont établies : "Il y a les déclarations des victimes et les différents rapports qui confortent le traumatisme. " Une peine de 8 ans d’emprisonnement a été requise.

Me Philippe Balleux plaide l’acquittement pour les coups et viols. Selon l’avocat, il n’y a pas assez d’éléments pour confirmer la thèse défendue par les victimes. Jugement le 9 septembre.