Le fait de ne pas organiser les Worldskills en 2019 n’empêche pas Charleroi de poursuivre et de concrétiser ses projets.

C’était il y a un mois, et Charleroi pouvait encore y croire, en présentant à Sao Paulo sa candidature à l’organisation des Worldskills 2019. L’espoir aura sombré, avec la désignation, par le jury, de la ville russe de Kazan, Charleroi étant écartée, tout comme Paris d’ailleurs, mais au prix d’un gifle plus marquante que la capitale française. Alors ? Tout ça pour ça ? Et avec quelles conséquences pour Charleroi, et à quel prix ?

Autant de questions que le conseiller communal Ecolo Xavier Desgain a posées à l’occasion du dernier conseil communal, en s’inquiétant des projets avancés par Charleroi et qui, pour plusieurs d’entre eux, semblaient indissolublement liés à l’organisation de ces Worldskills ? Tout était-il enterré ?

Paul Magnette en a convenu : il partage la déception du conseiller Ecolo, qui aura, on l’imagine, été aussi celle de tout le conseil communal. Qu’a coûté cette candidature ? Elle a bénéficié d’un soutien de la Région wallonne, à hauteur de 1,5 million. L’organisation, économe, n’a dépensé que 250.000 euros, a précisé le bourgmestre. La Fédération Wallonie-Bruxelles a elle aussi soutenu Charleroi, et on avait, on s’en souvient, eu droit à la visite du Premier ministre le jour de la visite des autorités susceptibles de valider la candidature carolorégienne dans la région. Enfin, la préparation du dossier a coûté 100.000 euros, et plusieurs missions de tous ordres ont été nécessaires, pour polir les arguments finalement présentés. Paul Magnette a reconnu qu’il y avait sans doute eu une part de naïveté de la part de Charleroi. Là où on parlait d’éthique, Kazan et Paris parlaient de cadeaux et de voyages offerts. Ces arguments-là, cette forme de lobbying, ont dû jouer.

Mais il n’y a pas lieu de s’inquiéter : le fait de ne pas organiser les Worldskills en 2019 n’empêche pas Charleroi de poursuivre et de concrétiser ses projets, ceux de son nouveau quartier dédié à la formation, aux arts et aux métiers sur le Campus de l’UT, ceux de la rénovation de Charleroi Expo et du Palais des Beaux-Arts. Enfin, cette candidature a remis la formation professionnelle au cœur des ambitions de Charleroi.

Et, pour conclure par une maxime qui n’est pas forcément due à Paul Eluard cher à Paul Magnette, on ajoutera que celui qui ne risque rien n’a rien…