Le secteur Horeca demande plus d'aides, leur avenir est incertain.

Ce matin, sur la place de la Digue, plusieurs dizaines de personnes tous issus du secteur de l'Horeca ont manifesté afin de faire entendre l'extrême détresse dans laquelle il se trouvent suite aux trois mois de fermeture.

C'est à l'initiative de l'asbl "Les amis de l'Horeca" qu'ils se sont réunis. Alors que, tout doucement, le déconfinement se poursuit le secteur de l'Horeca est sans nouvelle quant à une éventuelle reprise de leurs activités. Pour les organisateurs ainsi que les personnes sur place, la situation est grave et la survie de bon nombre d'établissements (restaurants, cafés, boîte de nuit,...) est sérieusement compromise.

"Nous avons décidé de créer un mouvement comme Bruxelles et Liège ont initié pour revendiquer et taper du point sur la table par rapport à une action politique insuffisante. Nous nous sentons abandonnés. A ce jour, on ne sait toujours pas quand nous pourrons rouvrir. On verra si le conseil prévu le 3 juin nous permettra d'ouvrir le 8 juin. Ce qui ne nous donnera que 5 jours pour nous préparer et contacter les fournisseurs", explique Aurelio Piccicuto restaurateur carolo et co-organisteur.

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En parallèle, le secteur attire aussi l'attention sur les soucis de trésorerie qui vont se faire ressentir notamment quand il faudra payer les fournisseurs. "On espère pouvoir croire en notre région et notre commune et recevoir peut-être les mêmes aides qu'à Mons. Nous tenons à dire que la ville de Charleroi a déjà fait beaucoup avec le lancement de l'opération "Cbonpourlelocal" (NdlR : une partie de la commande à un restaurateur est prise en charge par la Ville) et la suppression ou la suspension de certaines taxes. Nous devons rouvrir nos établissements en réinvestissant. Il faut des plexis, des masques, des visières, refaire des cartes. L'aide des 5.000 euros sur pour 3 mois de fermeture est clairement insuffisante."

Si les revendications concernent des aides au niveau fédéral comme la baisse des charges, la baisse de la TVA à 6 % sur tout et non seulement sur les repas. Le restaurateur carolo ne voit pas l'avenir du secteur d'un très bon oeil : "dans quelques mois, il y aura pas mal de soucis. Pas mal de patron qui ouvrirons n'auront plus rien pour poursuivre leurs activités et se retrouveront contrains de mettre la clé sous le paillasson."

Du côté de la ville de Charleroi l'échevine du commerce, Babette Jandrain entend cette détresse. "Je comprends et je soutiens la mobilisation tenue aujourd'hui par le secteur de l'horeca. Il faut savoir qu on est en contact régulier avec les organisateurs afin que cette mobilisation se passe pour le mieux. Concernant leurs demandes au fédéral, je les soutiens très clairement notamment sur le fait de : prolonger le "droit passerelle" jusque fin 2020, permettre le chômage économique pour le personnel jusque fin 2020,rendre déductible à frais de notes tva déductible à 100% jusque fin 2020. Concernant la Région Wallonne : accélérer le versement des 5000 €, c’est évidemment à souhaiter, mais l’administration fait le maximum dans une situation très inhabituelle."

Pour ce qui est d'une intervention communale comme à Mons, l'échevine du Commerce ne souhaite pas que l'on fasse d’amalgame entre les deux villes : "concernant l'aide de Mons et les 5000€ par commerce + 7500€ horeca, la réalité financière n'est pas là même d'une commune à l'autre. Depuis le 1er jour du confinement nous avons lancé toutes une série d aides comme les achats groupés, la plate forme "Cbonpourlelocal" ou encore les exonérations de taxes. Nous ne comptons pas nous arrêter ici!"

A la suite de la manifestation, le ministre Ducarme a contacté l'organisation carolo afin de prévoir un entretien dans le courant de la semaine. Lors de leur entretien de ce lundi, le ministre a confié être sensible aux difficultés du secteur et a rappelé les mesures adoptées afin de soulager le secteur de l'Horeca. "L'Horeca est un important pourvoyeur d'emploi qui joue aussi un rôle extrêmement important pour la convivialité de nos villes et de nos villages. Il est indispensable de nous tenir à ses côtés en cette période particulièrement difficile pour ce secteur."