La Belgique a entré une demande de financement de 60 millions d'euros à l'Europe, dans le cadre du plan de relance, pour lancer à Charleroi la ligne de métro M5 vers Châtelet. Mais la semaine passée, la RTBF livrait des chiffres inquiétants sur la fréquentation actuelle du métro carolo: très basse, elle pourrait convaincre l'Europe que le financement n'en vaut pas la peine.

Les députés wallons carolos Maxime Hardy (PS), Julien Matagne (CDH), Nicolas Tzanetatos (MR) et Christophe Clersy (Ecolo) ont souhaité interroger le ministre Philippe Henry (Ecolo) sur le sujet: le projet est-il recalé par l'Europe? Et s'il devait l'être, la Wallonie paierait-elle l'extension du métro sans l'aide des fonds européens? "À ce stade, le projet n'a été ni approuvé ni refusé", répond le ministre. "La commission européenne a bien exprimé des doutes, de manière informelle, sur le nombre de passagers transportés en regard à l'investissement nécessaire. Nous avons apporté des arguments: le futur Grand Hôpital en bout de ligne, le fait qu'il s'agisse de rénovation d'une infrastructure existante à l'abandon, l'arrivée d'un campus de 15.000 étudiants à la Cité des Métiers, et la volonté de Charleroi, Charleroi Métropole et la Wallonie de permettre un transfert modal (de la voiture au métro, NdlR)."

Quant à la sous-utilisation du métro, le ministre parle de 5,5 millions d'utilisateurs par an. "En janvier 2020, avant la crise Covid, on dénombre 245.000 validations sur la boucle centrale du métro de Charleroi. Sur les antennes la situation est plus variable avec 57.000 validations mensuelles sur l’antenne d’Anderlues, 84.000 validations mensuelles sur l’antenne de Gilly-Soleimont, 101.000 sur la ligne vers Gosselies", détaille-t-il, précisant qu'une extension de l'offre métro en soirée est à l'étude.

Si ces arguments ne suffisaient pas et que l'Europe décidait de ne pas financer l'extension du métro, "il y aurait des discussions à avoir" dit Philippe Henry. De nouvelles pistes de financement pourraient alors être recherchées, souligne Maxime Hardy. Où et comment? La question reste en suspens en attendant la réponse définitive de l'Europe, d'ici 3 mois. Piqûre de rappel: en 2016, le ministre de l'époque Carlo Di Antonio (CDH) disait que la Wallonie n'avait pas les capacités financières pour développer le projet.

(NB: timestamp vidéo à 42min30)