Charleroi Philippe Van Cau (PS) taclé au lendemain de son installation.


Un chauffeur à mi-temps pour le président du CPAS de Charleroi. Cette disposition prise dans le cadre d’un règlement organisant la composition du cabinet politique de Philippe Van Cauwenberghe (PS), installé dans la fonction lundi soir, ulcère le groupe MR de l’opposition : Nicolas Tzanetatos y voit un passe-droit par rapport aux autres membres du collège, il vient d’adresser une question en ce sens au bourgmestre Paul Magnette (PS).

Ce qui ne l’empêchera pas d’introduire un recours auprès de la tutelle pour faire annuler ce règlement. Le conseiller est formel : selon lui, le président du CPAS s’octroie des avantages dont ne peuvent bénéficier ses collègues échevins. "L’exemple du chauffeur est éclairant. Au terme du dispositif adopté à la Ville, seul le bourgmestre en a un à sa disposition. Les autres membres de l’exécutif communal doivent s’en partager deux. Mais aucun n’a de chauffeur attitré. Van Cau se place au-dessus de la mêlée", selon Tzanetatos.

Et ce n’est pas tout . Le règlement lui ouvre le droit de s’entourer de six collaborateurs et d’un expert alors que les autres doivent se limiter à quatre.

Enfin, le chef de groupe communal du MR fait état d’un argument qu’il qualifie de déplacé dans les justifications avancées par Van Cau : "considérant l’ampleur et la variété des tâches relevant de la première ville de Wallonie, il a été convenu de calquer certaines dispositions appliquées au sein des cabinets ministériels tant régionaux que communautaires et fédéraux (sic), relève-t-il. Autrement dit s’inspirer du modèle des ministres pour gérer un CPAS : on aura tout vu !" Il rappelle que Charleroi est sous plan de gestion, tenue à des économies.

C’est pour lui un mauvais signal de départ. Philippe Van Cau que nous avons contacté s’étonne qu’une délibération prise à huis clos se retrouve dans les mains d’un élu qui ne siège pas au CPAS. "Il faudra qu’il explique comment il se l’est procuré." Sur le fond, le président du CPAS assure que la réglementation découle de celle qui a été adoptée au conseil communal. "Du reste, je rappelle que je suis président de CPAS, pas échevin, ce n’est pas la même chose."

Des "états généraux" pour cerner les besoins

À la rencontre des agents du CPAS et des seniors.

Proximité, écoute, dialogue : ce sont les trois priorités que s’impose Philippe Van Cauwenberghe (PS) pour définir les politiques à mettre en œuvre dans les six ans à venir. Il entend pour cela aller à la rencontre des agents de son administration, découvrir leurs lieux de travail pour comprendre leurs missions, leurs besoins.

Antennes sociales, espaces citoyens, maisons de repos, structures d’accueil et d’insertion socioprofessionnelle, épicerie sociale, etc. : l’activité du CPAS s’opère à partir de 56 bâtiments dont il fera le tour durant son mandat.

Il s’appuiera pour décrypter les attentes sur l’expertise de son administration. Le projet de ville impose aux membres du collège d’organiser des états généraux dans leurs départements.

Van Cau devra disposer de la matière pour travailler à la confection du budget 2020 : il se donne un délai de neuf mois, jusqu’en septembre, pour arriver à bout.

Pas question de fermer des services de première ligne dans les quartiers, ou alors pour les déplacer dans des lieux plus adaptés : "Le projet de ville préconise un redéploiement, nous voulons intensifier notre présence au plus près des gens. Se mettre à l’écoute des besoins permettra d’apporter les meilleures réponses à leurs attentes. Idem pour le service du troisième âge dont il a repris la tutelle. Là aussi, je veux m’imposer un tour du propriétaire pour voir ce qui existe sur le terrain. J’ai déjà une idée : mettre en place un service d’intervention comme au service bâtiments pour effectuer les petites réparations urgentes, avec des ouvriers en article 60. Ces auxiliaires bénéficieront d’un encadrement pour leur formation. Et leur rapidité d’exécution apportera une plus-value aux structures d’accueil de nos seniors."