Charleroi Le cap des 20 millions de validations de voyage passé en 2018.


Passionné de transport ferroviaire, Gérard Monseux (PS) ne pouvait obtenir un plus beau mandat que la présidence du Tec Charleroi, avec le seul réseau de métro en activité de Wallonie.

Comme on le sait, la refonte des structures a motivé la disparition au 31 décembre des conseils d’administration des cinq filiales de l’ancienne société régionale wallonne des transports, devenue OTW (Opérateur de transport de Wallonie).

Le président clôture 16 ans de fonctions sur une performance : "Si l’on extrapole les résultats de fréquentation des dix premiers mois de l’année, nous aurons validé plus de 20 millions de trajets en 2018", indique-t-il chiffres à l’appui. C’est un record. La ligne de bus qui a le mieux marché est celle de Jumet dépôt-Charleroi Sud-Châtelet avec 926 941 voyageurs transportés en l’espace de 10 mois. Sur le réseau ferré, la M4 vers Gilly a devancé l’antenne nord vers Gosselies : 1,8 million contre 1,7 sur la même période.

Extension du réseau de métro, modernisation des rames, remplacement des bus par des modèles hybrides, rénovation des ateliers : Monseux est satisfait du travail accompli. "Mais en même temps, il reste encore beaucoup de choses à faire (lire ci-contre) ", note-t-il. Qui va porter la voix de Charleroi Métropole auprès de l’OTW, le nouvel Opérateur de transport de Wallonie ? "Il y a une représentante de notre région au sein du conseil d’administration, c’est Florence Demacq (PS)."

Au-delà, les dossiers devront être défendus par les bourgmestres des communes concernées, lors de réunions semestrielles. Ou directement au Parlement par les députés de la circonscription de Charleroi-Thuin.

Gérard Monseux a porté de bout en bout le dossier de l’extension du métro : il en a vécu les prémices dans les cabinets ministériels où il était occupé avant de gérer la matière comme échevin de la mobilité, puis enfin comme président du Tec. "Le premier accord du gouvernement wallon n’est intervenu qu’en 2002 avec une enveloppe de 75 millions." Au bout du compte, la facture s’est élevée à près du double : 135 millions.

La boucle centrale et l’antenne de Gilly ont été inaugurées en 2012, la ligne nord vers Gosselies en 2013.


La rénovation des trams ne fait pas l'unanimité

Le marché a été attribué à Alstom, première livraison dans neuf mois.

Si l’achèvement de l’antenne est du métro vers Châtelet-Gilly fait l’unanimité, il n’en va pas de même pour la modernisation des rames.

L’ex-administrateur du TEC Philippe Charlier (CDH) est formel : "Cela tient du bricolage." Alors que le président sortant y voit le meilleur compromis en attendant le renouvellement de la flotte, dont le coût a été estimé à 150 millions pour 50 rames. C’est Alstom qui a remporté le marché : une bonne nouvelle pour l’emploi carolo puisque le siège de l’entreprise se trouve à Marcinelle.

Le premier prototype rénové sera livré en septembre 2019, le reste de la commande s’exécutera au rythme de 12 motrices par an : il y en a 45 au total. Quant à l’extension du métro vers Gilly, ce projet représente un investissement de 55 millions. "Il me semble difficile de terminer ce chantier pour 2023, date d’ouverture annoncée pour le futur Grand Hôpital de Charleroi (GHdC), observe Gérard Monseux. Pour que les choses ne traînent pas trop, il est impératif que ce projet figure dans la prochaine déclaration de politique régionale de la Wallonie, et que les études commencent rapidement."

Autre priorité : le BHNS. Ici, c’est l’OTW qui a la main. "Il lui a été demandé d’examiner les variantes à l’hypothèse de travail qui prévoyait la mise à sens unique du bas de l’avenue Pastur, rappelle Gérard Monseux. C’est un dossier essentiel au désengorgement de l’entrée sud de la ville, rendu indispensable par la future mise en service du contournement de Couvin."