Si la ville de Charleroi a mis l’œuvre à l’abri des détériorations et du vol, la peinture marouflée monumentale que Gustave Camus avait installée au passage de la Bourse ne pourra pas être restaurée sur fonds propres communaux. 

Dans le dernier bulletin des questions écrites, le bourgmestre en charge de la Culture confirme l’incapacité financière de la ville à assumer seule une telle dépense : son coût avoisine les 100.000 euros. Un complément de subsides ou l’aide d’un mécène seront indispensables pour donner une nouvelle jeunesse à cette commande publique installée jusqu’en 2014. 

C’est à la veille de la démolition de l’ancien centre de production de la RTBF que des artistes se mobilisent pour la préserver. Le cercle d’histoire et d’archéologie de Charleroi entreprend un sauvetage : deux restauratrices interviennent pour démonter la fresque et l’évacuer des lieux. Même si toutes les précautions sont prises, une déchirure se marque sur la longueur. De coûteux soins s’imposent. 

Les imposantes dimensions de l’œuvre de près de 20 mètres carrés ne permettent pas de la mettre n’importe où. A ce jour, aucune localisation n’a encore pu être définie. La conservation s’effectue au musée des Beaux-Arts, dans un espace sécurisé du deuxième étage de l’hôtel de ville. 

Peinture aux apparences de fresque, elle avait fait l’objet d’une commande publique en 1960. Elle avait pris place deux ans plus tard au Passage de la Bourse, où elle était visible de tous. Gustave Camus y avait traité l’un de ses thèmes de prédilection : le travail. 

Les carolos espèrent pouvoir la revoir un jour.