Charleroi La Ville lance un test anti-dumping social.


Pour éliminer ou réduire les effets désastreux du détachement de main-d’œuvre et de la concurrence déloyale, le comité de développement stratégique de Charleroi Métropole avait élaboré un guide de bonnes pratiques : la Ville de Charleroi y a puisé une clause antidumping social qu’elle a intégrée à l’élaboration de deux de ses marchés publics dans l’immobilier.

Comme l’explique l’échevin des Bâtiments Xavier Desgain (Ecolo), "le premier avait trait au renouvellement de l’éclairage et à l’installation de leds dans des infrastructures énergivores, dans le cadre d’une formule de tiers investisseur avec l’intercommunale Igretec". Si ce dossier n’est pas encore passé devant le conseil communal, le deuxième a été inscrit à l’ordre du jour de la séance de ce lundi 25 mars : il porte sur la mise en conformité de la salle des sports du Roctiau à Montignies-sur-Sambre.

Pour ce chantier dont le coût a été estimé à 180 000 euros, la majorité PS-C+-Ecolo passe donc de la parole aux actes : elle s’était engagée à limiter les chaînes de sous-traitance qui dérégulent le marché de la construction. "La clause ajoutée au cahier des charges fixe un ratio chiffre d’affaires/personnel qui ne permet plus à une entreprise d’agir en qualité de simple intermédiaire", souligne l’échevin.

Dans l’arrondissement, Igretec avait été la première à tester ce modèle de marché pour la construction de Green Sonaca, sur le site de la société aéronautique. Desgain espère qu’il inspirera d’autres communes.

"À Charleroi, les bâtiments communaux représentent quelque 40 % du budget d’investissement, dit-il. Un budget qui a été fixé à 190 millions pour la mandature. Une réflexion est en cours pour introduire des clauses additionnelles à caractère environnemental." Elles toucheraient l’ensemble des marchés de fournitures et de travaux de la ville.