Un jeune père était poursuivi lundi devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour traitements inhumains, tentative de meurtre et coups et blessures sur son bébé de 4 mois. 

La mère répond quant à elle de non-assistance à personne en danger. L'enfant, qui avait été sauvé de justesse, a subi deux trépanations et souffre de séquelles irréversibles. 

Le 17 avril 2013, les secours avaient été appelés pour sauver un bébé en arrêt cardiaque dans un foyer de Couillet (Charleroi). Rapidement, les urgentistes avaient constaté des traces de maltraitance, ainsi que plusieurs fractures du crâne. Mickaël L., le père, avait rapidement été inculpé et placé sous mandat d'arrêt. La mère, Fanny F., avait pour sa part été inculpée de non-assistance à personne en danger.

Selon le parquet de Charleroi, le couple ne désirait pas l'enfant, qui souffrait de malnutrition et de soucis d'hygiène. Délaissé par ses parents, il avait appris, dès l'âge de 2 mois et demi, à boire son biberon (froid) sans qu'on ne l'aide à le porter.

"Les premiers soupçons de coups remontent à deux ou trois semaines avant les faits", a expliqué la substitute Botton à l'audience, lundi. "Le 8 avril, la mère a remarqué que la tête de l'enfant était déformée et qu'il présentait des rougeurs. Le père l'avait en fait projeté au sol. Le 14 avril, il reconnait avoir laissé tomber le bébé au sol de rage, parce qu'il pleurait. Forcément, l'enfant avait faim, était en manque d'affection et souffrait au moins de côtes cassées". Le 17 avril, il le "projette à nouveau au sol et, cette fois, lui marche sur la tête avec le talon avant de l'étrangler".

Selon le parquet, tant les traitements inhumains que la tentative de meurtre sont établis. En restant apathique et en "préférant regarder la TV que d'intervenir", la mère s'est quant à elle rendue coupable de non-assistance, a conclu le ministère public qui sollicite des peines extrêmement sévères.

Me Laurent a par contre demandé l'acquittement pour Fanny F., estimant que son immaturité (elle a eu Brandon, son deuxième enfant, à 17 ans) lui a sans doute fait commettre des erreurs d'appréciation. "Après les premières rougeurs, elle a pu croire à un accident. Elle a soigné les premiers bobos comme elle a pu, avec de la pommade. Et quand l'enfant a arrêté de respirer, c'est elle qui a appelé le 100", a plaidé Me Laurent.

Me Inglese, conseil du père, a quant à elle sollicité la clémence, estimant que son client n'avait jamais eu l'intention de tuer et qu'il avait perdu son sang-froid en état de stress, vu ses insomnies répétées. Interrogé, ce dernier n'a reconnu que partiellement les faits, sans jamais pouvoir les expliquer. Jugement le 11 janvier.