Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a acquitté au bénéfice du doute Didier F. 

Les enfants de la victime, décédé de sa tumeur au cerveau, étaient persuadés qu'il était intervenu dans le traitement médical de leur père.

Entre le 4 septembre 2012 et le 17 avril 2013, le prévenu était suspecté d'exercice illégal de la médecine sur Domizzio D., 52 ans, atteint d'une tumeur au cerveau, qui lui coûta la vie quelques mois après. Mais l'homme ne possède aucun diplôme médical lui permettant d'exercer et selon les enfants de la victime, il avait eu une influence sur le traitement médical de leur père et sur la rapide dégradation de sa santé. Didier F. se considérait avant tout comme une sorte de thérapeute: "Je reçois des gens qui viennent plus pour des problèmes de couples, scolaires ou pour des addictions. On en discute et j'essaye de les aider. Mais jamais je n'ai porté le moindre diagnostic ou traitement sur mon ami ". Les deux hommes s'étaient liés d'amitié, partageant une passion commune pour Star Wars.

Oui, il y a eu une intervention

Les trois enfants de la victime s'étaient constitués parties civiles. Pour eux comme pour Me Turk et Me Gras, l'homme a exercé une forme de médecine sur Domizzio : la biologie totale. "Cela consiste à se guérir d'une maladie par la pensée ", explique Me Turk. Pour Me Étienne Gras, le prévenu a influencé le traitement de la victime en lui promettant une guérison par ce procédé. "C'est lui qui a également fait sortir les enfants de la vie de leur père car la situation entre eux générait du stress, compromettant la guérison de leur père", expliquait Me Gras.


Un acquittement requis

Pourtant, le ministère public demandait un acquittement au bénéfice du doute : "Vu le dossier, on ne peut pas affirmer avec certitude qu'il a exercé une forme de médecine sur la victime."   
Me Christian Mathieu, à la défense, était du même avis que le ministère public : "La victime a tout simplement choisi sa voie. Le cadre de son traitement a été fixé de manière claire par Domizzio. Tout ce que mon client a voulu faire, c'est tenter d'aider son ami en discutant avec lui." Ce jeudi, le tribunal a acquitté au bénéfice du doute Didier F., rappelant le manque d'éléments dans le dossier permettant de confirmer une quelconque intervention du prévenu.