Charleroi On se prépare à revoter en 2020. Dans les… entreprises ! Focus sur Charleroi.

La rentrée s’annonce chargée pour les syndicats : il faut en effet préparer les élections sociales qui ont lieu tous les 4 ans. Et ce sera en mai 2020. La fédération CSC de Charleroi Entre Sambre et Meuse attaquera le mois de septembre avec un solide programme de formations à l’intention de ses délégués et candidats.

Fabrice Eeklaer, vous êtes secrétaire fédéral de la CSC de Charleroi Entre Sambre et Meuse. Rappelez-nous les enjeux de ce scrutin…

Entre le 11 et le 24 mai, les travailleurs des entreprises privées marchandes et non marchandes de plus de 50 personnes (et certaines entreprises publiques) sont appelés à renouveler leurs instances paritaires de concertation, les conseils d’entreprise (CE) et comités pour la prévention et la protection du travail (CPPT). Chaque entité économique doit aussi mettre en place ses délégations syndicales, outil de négociation par excellence : leur composition répondra aux résultats des votes.

Qui a le droit de voter ?

Hormis les cadres de direction, tous les membres du personnel peuvent faire valoir leur préférence pour l’un ou l’autre candidat, à partir de trois mois d’ancienneté. Mais pour la première fois, les intérimaires pourront aussi participer. Ils étaient jusque-là exclus.

Où en est la préparation de ce rendez-vous démocratique au sein de la régionale CSC ?

Nous avons planifié des formations pour l’ensemble de nos élus et candidats. À partir de septembre, un premier cycle sera lancé à l’attention de nos représentants dans 380 CPPT et 296 CE. Dans la foulée, dès le début janvier, ce sera le tour des candidats (NdlR : au nombre de 2 600 en 2016). Objectif : améliorer leurs compétences dans des domaines comme la connaissance de la mondialisation, la lecture et l’analyse de bilans…

On rebat les cartes comme tous les quatre ans ?

Le contexte local n’est plus le même, les enjeux non plus. Charleroi est une ville dans laquelle on a l’impression que tout change alors que concrètement, rien ne se transforme vraiment. D’abord, Caterpillar a fermé son usine de Gosselies, avec une casse sociale énorme en Wallonie. Nous venons de sortir de la restructuration du groupe Mestdagh après avoir ressenti les effets de celles de Delhaize et Carrefour. Le groupe Dassault a annoncé la mise en vente de la Sabca, l’imprimerie Helio a fermé. Le secteur industriel est donc particulièrement malmené. Il y a par ailleurs des indicateurs positifs, comme le succès du biopark : mais cela ne concerne que de l’emploi très qualifié. À Charleroi, la question qui se pose est de savoir par quoi l’industrie en déclin va pouvoir être remplacée. Quant au défi politique local de la rentrée, il porte sur la façon dont le collège communal traduira les états généraux du premier semestre. On y sera attentifs !


Une procédure bien huilée

La planification des procédures est régie par la date officielle des élections. Tout démarre à 150 jours du jour J, en décembre prochain, avec des échéances à respecter au jour près. Le calcul du volume des intérimaires a été clôturé le 30 juin. Celui des travailleurs CDD et CDI le sera le mois prochain à la fin du troisième trimestre. Ces éléments détermineront si l’entreprise est concernée ou non par le scrutin et dans quel organe de concertation sociale. Les travailleurs qui sont candidats pour les élections sociales bénéficient d’une protection temporaire contre le licenciement. Cette période commence en janvier 2020, elle prendra fin le jour où les listes sont publiées par le syndicat, en mars. Les entreprises qui dérogent à cette protection s’exposent au paiement d’indemnités qui peuvent représenter jusqu’à huit années de salaire.