Charleroi Pour ses 70 ans, l’intercommunale ICDI a changé de nom.

Ne dites plus Intercommunale de collecte et de destruction des immondices (ICDI) mais intercommunale Tibi : le changement de nom annoncé en janvier est devenu effectif à l’assemblée générale du 20 juin, il marque l’apothéose d’une année d’exception.

Exception par le fait qu’un nouveau secteur d’activité est venu compléter les missions : la propreté publique. L’ICDI met désormais ses compétences et ses outils à la disposition des communes pour le nettoiement de leurs espaces publics et le balayage de leurs voiries. Ce qui fait de Tibi la plus importante et la plus intégrée des entreprises publiques wallonnes de gestion de l’environnement. Pour le directeur général Olivier Bouchat qui quittera son poste le mois prochain pour rejoindre la société régionale d’investissements de Wallonie (SRIW), 2018 se termine sur un excellent bilan. "Nous avons réalisé à 88 % les objectifs que nous nous étions fixés. Ces résultats préfigurent la poursuite des changements dans les pratiques et métiers de notre intercommunale appelée à monter en régime dans ses activités de propreté."

La phase 1 du transfert d’activités de la commune a débuté en mars avec la reprise intégrale du nettoiement dans l’intra-ring urbain, étendu à Marcinelle Villette depuis peu. En périphérie, le balayage des rues est déjà assuré. La phase 2 s’amorcera à la fin 2019. Objectif : transposer à tout le territoire de l’entité l’intervention de Tibi telle qu’elle est organisée en centre-ville. Horaires, circuits, équipement, encadrement du personnel : tout a été modifié. Riverains et commerçants sont satisfaits.

Selon une enquête de l’institut de sondages Dedicated Research effectuée en septembre auprès de 500 commerçants, 72 % des répondants ont déclaré ressentir une amélioration dans leur quartier : ce sentiment est d’abord induit par un renforcement de la présence de personnel en rue. Les corbeilles sont plus souvent vidées, les caniveaux sont mieux entretenus, disent les participants. Mieux : 90 % estiment que les techniques de nettoiement sont plus efficaces que par le passé. La mutualisation du service devrait toucher d’autres communes : Farciennes, Aiseau-Presles et Fleurus réfléchissent à s’inscrire dans la même dynamique, leurs conseils communaux se sont prononcés en ce sens avant les élections.

Leurs conseils communaux doivent formaliser le recours à l’intercommunale, ce qui réduira les coûts des services de support actuellement entièrement à charge de la seule ville de Charleroi.


L’incinérateur achèvera sa mue à la fin 2019

Un réseau urbain de chaleur alimenté par l’usine de Tibi.

La modernisation de l’unité de valorisation énergétique de Tibi à Pont de Loup sera terminée en 2019. La phase de génie civil est quasi achevée, la volumétrie des installations est à présent figée. Le chantier avait débuté en février 2017 : il représente un investissement TVAC de 76 millions d’euros. Une nouvelle ligne d’incinération a été installée pour remplacer le four n° 3 arrivé en fin de vie. L’opération porte aussi sur une amélioration de l’intégration paysagère de l’usine avec la déconstruction des éléments vétustes, comme la vieille cheminée.

L’augmentation du rendement énergétique permettra de valoriser la chaleur produite par un réseau urbain qui alimentera des infrastructures publiques à Farciennes comme la piscine ou l’administration communale, mais aussi le logement social. En complément, il est prévu d’installer une unité de prétraitement des déchets organiques : le marché public sera lancé en 2019. Quatre communes devraient participer à un projet pilote de collecte, ce sont les plus urbanisées soit Charleroi, Châtelet, Farciennes et Fleurus. L’objectif est de préparer les matières putrescibles à la biométhanisation : les déchets seront alors orientés vers ces filières.

"En 2019 , nous lançons l’aménagement de notre parc Lavoisier", confirme Olivier Bouchat. L’intercommunale a imaginé un parc d’une superficie nette de 1 300 m2, avec la création d’un centre bâti comprenant une zone d’exposition permanente, un parcours didactique et un espace vert aménagé : l’idée, c’est d’aborder la problématique de la valorisation des déchets et du respect de l’environnement à travers des activités participatives, à la portée de différents publics.

Sur son site de Couillet, Tibi poursuit l’aménagement d’un pôle de recyclage avec des partenaires. Dans ce cadre, l’usine de tri des PMC Valtris a programmé un investissement de 15 millions pour s’adapter au traitement des P +, les emballages plastiques (films, sacs, sachets, etc.) autres que ceux actuellement collectés en sacs bleus.