Le surcoût va passer de 9,6 à 11,2 millions d’euros par an.

A Charleroi, le transfert des missions de propreté à l’intercommunale Tibi n’a apporté aucune économie à la Ville. Au contraire : les coûts du service ont augmenté. 

Dans sa réponse à la question écrite du chef de groupe C+ Mohamed Fekrioui, l’échevin de tutelle Mahmut Dogru (PS) cite le chiffre de 9,6 millions de hausse. Une facture qui grimpera à 11,2 millions au terme de l’opération de mutualisation en cours dans les autres districts. « Cela correspond à une contribution d’un euro par habitant par semaine (NdlR : en plus de la taxe communale sur l’enlèvement des déchets) », note-t-il. 

A défaut d’être moins cher, le service est en tout cas (beaucoup) plus efficace : là est sa valeur ajoutée. 

Des études de satisfaction le confirment, tant auprès des citoyens que des commerçants. « On n’a jamais réglé des problèmes de propreté uniquement par des solutions de propreté », observe Mahmut Dogru. « C’est en effet un cercle vicieux : plus on ramasse de déchets en voirie, plus on vient en déposer et plus ça coûte. Il faut donc sortir d’une démarche de réactivité pour aller vers de la proactivité : agir à la source pour prévenir l’arrivée des déchets. » 

Dans ce cadre, le collège communal a validé un plan stratégique en trois axes. 

D’abord, l’extension progressive des missions intégrales effectuées en centre-ville : dès janvier, elles seront transposées à tout le périmètre du district Centre, soit à Charleroi Nord, Lodelinsart et Dampremy. En novembre 2020, ce sera au tour des districts sud et ouest de se voir intégrés avant ceux du nord (1er semestre 2021) et de l’est (2ème semestre). 

Deux : pour maintenir l’espace public dans un état impeccable, la Ville conservera en interne la gestion de l’entretien des chemins de randonnée, devantures de bâtiments, élimination des tags, graffitis et nettoyage des infrastructures publiques inoccupées. 

Enfin, tertio : elle mettra en place à terme de gros moyens de répression : caméras de surveillance embarquées et agents constatateurs. L’objectif est de sanctionner durement les auteurs d’incivilités. 

« A terme, le coût à charge pourrait diminuer », selon l’échevin. Un tonnage réduit de déchets collectés en rue générera en effet moins de frais. Et les amendes viendront en déduction…