Avec un jeune sur cinq vacciné contre la Covid, la région d'Aiseau-Presles, Châtelet et Farciennes est à la traîne. En cause, les nombreuses fake news et l'absence d'explications adaptées à une jeunesse en questionnement. Afin de tordre le cou à ces informations erronées, les professeures de biologie de l'Athénée Pierre Paulus de Châtelet ont invité d'éminents spécialistes à un questions/réponses sans tabous où tous les sujets concernant la vaccination et ses bénéfices étaient abordés. Devant quelque 250 élèves, Leila Belkhir, infectiologue et le docteur Philippe Lannoo, pédiatre et conseiller ONE ont pris la parole.

Laissant pour une matinée leur travail, les spécialistes ont répondu en toute transparence aux questions des jeunes. Leur mission du jour, démystifier et faire la part des choses entre ce qui est vrai et faux. "Nous avons tenu à inviter de grands spécialistes pour expliquer, sans influencer, les bénéfices d'une vaccination systématique," explique Corinne Cubi l'une des professeures de biologie à l'origine de la rencontre.

Si celle-ci a eu lieu dans l'établissement scolaire châtelettain, les organisateurs espèrent que les réponses fassent tâche d'huile pour arriver aux oreilles d'autres jeunes et ainsi persuader le plus grand nombre des bienfaits d'une vaccination consciente et raisonnée.

Les thèmes abordés concernaient les effets secondaires, la fertilité ou encore les contrôles réalisés par les laboratoires pharmaceutiques dans l'élaboration des vaccins. Sans détour, les deux invités ont tout mis sur la table. "Tout d'abord, il n'y a pas de puces injectées ni de 5 G. Ce n'est pas du pistage, il y a déjà tout ce qu'il faut dans les téléphones et autres cartes à puces. Et non, nous ne sommes pas payés par des laboratoires pour encourager à la vaccination. Nous travaillons sur le terrain et constatons tous les jours les dommages causés par la pandémie. Actuellement, une grande majorité des personnes hospitalisées sont des personnes non vaccinées. Concernant les analyses réalisées pour l'élaboration des vaccins, ils sont menés par des firmes très sérieuses dont les enjeux ne sont pas essentiellement financiers. Bien entendu, il y a une question d'argent mais surtout de santé publique. Nous devons prendre conscience que ces produits ne sont pas injectés aux citoyens sans contrôles ni analyses de risques," expliquent, les docteurs Belkhir et Lannoo.

Pour les deux éminents spécialistes invités, le débat doit dépasser les murs de l'école car le travail de l'éradication de la Covid doit être un effort solidaire. "Vous devez penser à vous bien entendu mais également aux autres. Si vous pensez être moins à risque que les personnes plus âgées vous n'en n'êtes pas pour autant à l'abri. Pensez aux autres maladies pour lesquelles un vaccin est obligatoire comme la polio et la rougeole. Les cas sont quasi inexistants parce que la population est vaccinée contre ces deux maladies." Outre les graves ennuis de santé causés par la Covid, l'existence de dommages mentaux n'est pas à sous-estimée. "L'homme n'est pas fait pour être isolé. Il est de nature sociable et a besoin de se retrouver avec ses semblables. Depuis 30 ans que je suis pédiatre je n'ai jamais connu autant de cas de jeunes nécessitant une aide psychiatrique. Les dommages sont lourds !" Insiste le docteur Lannoo.

Pour ce qui est des effets secondaires, l'infectiologue de Saint-Luc à Bruxelles met en garde. "Si on regarde la notice d'un produit comme le paracétamol, il y a de quoi avoir peur. Le plus important est de faire confiance aux médecins et de discuter avec eux s'il y a des problèmes. Les effets secondaires ne sont pas pour tout le monde. Il est possible de se retrouver dans un état grippal, d'avoir mal au bras mais tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Pour la fertilité, rien ne prouve que les vaccins ont des effets négatifs de même que l'absence de règles peut être due à un tas de facteurs comme le stress."

Les spécialistes ont également encouragé les jeunes à vérifier les informations dont ils disposaient pour leur prise de décision. Pour conclure, les docteurs Belkhir et Lannoo ont mis en avant, humblement, la chance de vivre dans un pays dit "riche" où il est possible de se faire vacciner alors que d'autres pays sont désemparés face la pandémie mondiale.