Charleroi Le Châtelettain, passionné de cinéma, fait la différence entre fiction et réalité.


Dans son dernier film, Grâce à Dieu, François Ozon traite d’un sujet grave : les prêtres pédophiles et le parcours de trois hommes pour "libérer leur parole" sur ce qu’ils ont subi. Pour le film, le réalisateur français a fait appel à des comédiens, des figurants et des "silhouettes" (des figurants plus importants avec du texte) belges, dont Michel Alcover.

Ce Châtelettain est déjà un visage bien connu du centre-ville car ancien commerçant. Pour raison de santé, il a dû stopper son activité et s’adonne désormais à sa passion de toujours : le cinéma. Il a notamment joué dans Kursk, Boule et Bill 2 et les Prof 2.

En avril dernier, Michel repère une annonce : "Pour le casting, ils recherchaient trois curés. Je ne connaissais pas l’histoire du film qui à l’époque s’appelait Alexandre . Nous ne savions pas que cela traitait d’abus sexuels, la production a été discrète là-dessus. Pour ce casting, il était demandé d’envoyer des photos et une vidéo où je récitais un ‘Je vous salue Marie’. Me prenant au jeu, j’ai réussi à avoir des vêtements de prêtre pour réaliser la vidéo de présentation."

En se renseignant , Michel apprend le sujet du film : "Mon épouse et moi avons discuté sur le bien-fondé de ma participation mais aussi du qu’en-dira-t-on. Même si le sujet est très grave et ne laisse personne indifférent, j’ai mis en avant qu’il s’agissait d’une fiction. Je me suis mis au service du film pour interpréter un prêtre ni abuseur ni pédophile. Dans le film, je donne la communion à Alexandre interprété par Melvil Poupaud. Fan de cinéma, j’aime les ambiances de tournages, les costumes et c’est toujours l’occasion de vivre de belles aventures humaines."

Même si le film fait polémique dans un moment où l’Église catholique est confrontée à des scandales d’abus sexuels, Michel Alcover fait clairement la différence entre réalité et fiction : "J’ai apprécié participer à ce projet. Personnellement, je préfère les biopics (NdlR : film traitant de faits réels) aux autres styles de films. Si j’aime jouer dans des films, je ne suis pas prêt à tout pour être à l’écran. Il est des rôles que je ne jouerai pas comme des personnes clairement nuisibles à la société."