La surprise est grande depuis quelques semaines sur le marché hebdomadaire de Châtelet. En effet, s'il est entouré de barrières depuis des mois, qu'un sens de circulation est obligatoire de même que le port du masque et le suivi des règles de distanciation, il est maintenant interdit d'y venir à deux personnes du même ménages comme le prévoit pourtant les recommandations émanant des autorités fédérales et consultables sur le site Internet https://www.info-coronavirus.be/fr/faq/#002 dans la sous-section "Activités ambulantes". "En outre, les courses sont effectuées seul ou avec maximum une autre personne du même ménage ou avec laquelle on entretient un contact étroit durable et pendant une période de maximum 30 minutes. Un adulte peut accompagner les mineurs du même ménage ou les personnes ayant besoin d’une assistance."

Cette mesure qui en désarçonne plus d'un ne passe pas chez tout le monde. Les visiteurs se retrouvent surpris devant l'entrée quand ils apprennent qu'ils ne peuvent être à deux du même ménage. Malgré l'amabilité des stewards, il est impossible de s'informer du pourquoi d'une telle mesure alors qu'en fin de semaine dernière le Premier Ministre encourageait les citoyens à prendre l'air tant que possible. "On nous a demandé à l'entrée si nous nous connaissions et si nous étions du même ménage. Nous avons simplement répondu non et avons continué notre chemin. Que peut-on me faire ?" explique un couple de visiteurs cherchant à prendre l'air.

Les commerçants interrogés ne comprennent pas non plus cette limitation propre à Châtelet. "C'est bien le seul endroit où on demande aux clients de venir seul. Partout autre part c'est un maximum de deux mais les gens peuvent sortir ensemble. Bien entendu il faut respecter les protocoles comme le port du masque ou les distances de sécurité mais venir seul est un peu exagéré. Même si nous trouvons cela hors réalité et que nous essayons de le dire il nous a été répondu que nous avions déjà de la chance de travailler. Que voulez-vous que l'on dise, on est trop petit," s'insurge un commerçant.

Face au faible argumentaire des stewards, nous avons cherché si un texte du type arrêté communal existait pour légitimer la demande du personnel de l'asbl Centre-Ville. Une personne de cette asbl nous a contacté pour nous dire qu'il existait bel et bien un arrêté mais "il est impossible à communiquer ce jour. Il faut attendre la semaine prochaine pour qu'il soit affiché," nous communique-t-on.

© NGOM (Aucune indication n'est affichée concernant l'interdiction d'être à deux du même ménage.)

Face à cette situation singulière, nous avons fait le tour des marchés de la région et rien de cela n'existe autre part. A la ville de Charleroi, on nous fait part qu'une telle mesure n'est pas à l'ordre du jour. "Le bourgmestre Paul Magnette, a insisté pour qu'il soit possible de prendre l'air. C'est une des seules activités possibles. Nous respectons les normes en vigueur et n'allons pas au-delà," nous communique le cabinet du bourgmestre.

A Fleurus, c'est étonné que l'échevin du commerce Maklouf Galoul nous répond. "Déjà qu'il n'est plus trop possible de faire quelque chose à deux, si en plus on supprime ce genre de sortie que peut-on faire ? Chez nous il y a un sens de circulation, des distances, un temps limité mais rien de plus que ce qui est recommandé."

Même son de cloche à Courcelles Farciennes et Anderlues où aucun arrêté n'a été mis en place. "C'est un moment convivial de la semaine, il faut pouvoir en profiter un peu," explique Virginie Gonzalez bourgmestre d'Anderlues.

Il est clair que nous avons cherché à contacter les autorités communales via le porte parle mais on se tait dans toutes les langues.
Cette situation surréaliste juste à Châtelet n'est pas sans conséquence. Du côté des stewards existe une frustration de ne pas pouvoir répondre au pourquoi d'une telle mesure alors qu'ils ont la demande de la faire respecter. Du côté des clients, on se demande pourquoi cette décision alors que des commerces sont pourtant enclavés dans le périmètre du marché ?

© NGOM (L'accès à certains commerces s'en trouve lésé.)

Du côté de la police, Philippe Borza, Chef de Corps de la zone Aiseau-Presles/Châtelet/Farciennes nous communique que la législation relative aux commerces est de mise et qu'aucun arrêté n'oriente une quelconque action de répression.

Certains, avec humour, avancent une logique sans queue ni tête "je peux aller avec ma maîtresse au marché, oui je la connais et non on n'est pas du même ménage mais pas avec mon épouse avec qui je vis pourtant."