Charleroi Pour ouvrir, Lorenzo a dû se plier à plusieurs contrôles et prouver sa bonne foi.

Depuis la fin de 2018, 2 nouveaux commerces ont fait leur apparition dans le centre-ville de Châtelet.

Certains pourraient être heureux de voir arriver de nouveaux commerçants redynamisant ainsi un centre-ville en mal de commerces. Là ou cela coince c’est que ce sont des CBD shops.

Ce type de magasins est sujet à discussions tant le produit vendu est sujet à polémique (des dérivés du chanvre. contenant moins de 0,2 % de THC)

Lorenzo, jeune mécanicien de formation a décidé d’ouvrir son propre CBD shop. Pour ce faire, il a dû montrer patte blanche tant son initiative n’était pas souhaitée sur le territoire châtelettain. Le bourgmestre, Daniel Vanderlick (PS) ne va pas par quatre chemins : "je ne veux pas de tels commerces sur le territoire. Je me suis renseigné et les dérivés du cannabis ne sont pas ce qu’il y a de mieux pour la santé. En tant que père et grand-père, je pense que ce type de produit peut servir de tremplin pour les drogues dures."

Pour s’assurer du bien-fondé de ses intentions, Lorenzo se tient perpétuellement au courant de la législation : "je sais que je ne plais pas à tout le monde mais j’ai déjà eu un tas de contrôles auxquels j’ai satisfait à chaque fois. J’ai eu l’Afsca, le SPF Santé et la police. Tous ont inspecté le commerce, épluché les étiquettes et l’ensemble des produits mis en vente. Aucun n’a trouvé à dire Je suis donc en ordre administrativement."

Un des reproches est sa trop grande proximité avec les écoles. "La signalétique est claire, l’entrée est interdite aux moins de 18 ans. J’ai déjà dû demander à des personnes de sortir. Je suis de Châtelet et je n’ai clairement pas envie que ma ville devienne n’importe quoi. J’ai eu l’opportunité d’ouvrir un CBD shop. Je profite aussi des modes. Je n’ai de problèmes avec personne. J’ai reçu une dame d’un certain âge qui voulait des renseignements sur l’effet relaxant de certains produits. Dans le quartier je n’ai pas de problèmes avec les autres commerçants."

Du côté de l’Afsca et de ses contrôles dans les CBD shop, on fixe les choses : "Les denrées alimentaires à base de cannabis sativa L. sont interdits. Pour certains types de produits alimentaires, il peut y avoir des dérogations." Le cas de Lorenzo est facilement réglé, il ne vend pas de produits alimentaires. Chaque semaine la législation évolue, il est donc nécessaire de se tenir au courant au risque de lourdes sanctions.


Le cannabidiol fait débat à l’Europe

Si chacune des parties a ses arguments pour ou contre l’existence de CBD shops en centre-ville, il faut se référer à la loi. Celle-ci donne toutes les instructions pour l’ouverture de tels commerces. Le sujet ne fait pas juste débat au niveau communal, l’Europe se penche aussi sur la vente de produits dérivés du chanvre. Le 13 février dernier, Marc Tarabella (PS) explique en sa qualité d’eurodéputé en charge de la Production des consommateurs : "Nous disposons de suffisamment de preuves et d’études pour affirmer que le cannabis (médical) a des effets thérapeutiques. Dans les différentes études d’impact, il est prouvé que la substance permet de traiter de nombreuses douleurs… Toutefois, en Europe, les législations diffèrent d’un pays à l’autre. Ce que le Parlement européen déplore également…"