Par le passé, les deux familles s'appréciaient et partageaient des repas ensemble. Aujourd'hui, c'est véritablement la guerre entre eux. L'origine du conflit remonte au 15 octobre 2015. Ce jour-là, la grand-mère de Benjamin et Aurélien D.P. avait été victime d'un violent vol à son domicile. Elle avait été malmenée et molestée. Les deux frères estimaient que les auteurs étaient membres de la famille d'Epifanio C. et avaient décidé de se venger.

Le 10 janvier 2019, à Châtelet, Aurélien D.P. avait rendu visite à l'une des victimes, membres de la famille d'Epifanio C. Armé, il avait réclamé et reçu 2.500 euros, en petites coupures, à titre de dédommagements pour le vol au domicile de sa grand-mère. Quatre jours plus tard, il tentait, sans réussite, une nouvelle extorsion auprès du compagnon d'une des filles à Epifanio. Réprimandé par la justice, Aurélien D.P. s'était calmé. Mais son frère avait alors pris le relais.

Le 31 janvier et le 9 février 2019, Benjamin D.P. avait laissé plusieurs messages à Epifanio C., le menaçant verbalement et lui proposant même un combat de boxe, dans un octogone, entre hommes et sans pistolet. Le 22 février, Benjamin passait à tabac le filleul d'Epifanio, qui sortait d'un commerce à Châtelet. La victime, âgée de 17 ans et demi, avait reçu de violents coups et était en pleurs lorsque la police était intervenue.

La substitute Dutrifoy avait requis une peine de 4 ans de prison avec un sursis probatoire pour Aurélien D.P. Une peine de 30 mois de prison ferme avait été requise contre son frère. Lors de la précédente audience, la situation était encore loin d'être réglée entre les deux familles. "Il y a de nouvelles plaintes. La situation n'est pas calmée et le parquet ainsi que la police sont sur les dents, attentifs aux moindres mouvements."

Me Fosseur, conseil de Benjamin D.P, avait plaidé l'absorption avec un jugement prononcé en novembre dernier condamnant son client à un an de prison avec un sursis probatoire. Son confrère, Me Dumont, avait plaidé lui pour une suspension simple du prononcé, jugeant la peine requise contre Aurélien D.P. "énorme et sévère".