Il n'aura pas fallu attendre avant que les professeurs n'expriment leurs sentiments au lendemain de la décision de supprimer les cours en présentiel pour les humanités supérieures et inférieures.

A l’Athénée René Magritte de Châtelet, les profs ont tenu à marquer un arrêt de travail de 40 minutes en signe de mécontentement.

Dans la cour, élèves et enseignants, masqués et statique ont échangé sur leurs craintes respectives face à des mesures mettant à mal non seulement les conditions d'apprentissage mais aussi le moral des élèves. "Suite au Codeco de ce mercredi et aux mesures annoncées la semaine précédente, nous trouvons qu'il y a un manque de respect de la fonction d'enseignants et de nos élèves," explique Yannci Léglise, déléguée CGSP. Celle qui enseigne aussi dans l'athénée dénonce aussi les conditions exécrables dans lesquels doivent évoluer les élèves depuis le mois de novembre. Quand les élèves sont présents les conditions ne sont pas toujours optimales. Dans certains locaux il est impossible d'ouvrir les fenêtres par exemple.

La déléguée met aussi en avant le moral durement atteint des élèves. "Certains n'ont pas matériel ce qui augmente la fracture sociale. Quand on demande aux élèves de nous parler de ce qu'ils vivent on est effrayé par leurs mots. Ils ont, pour certains, des idées noires et parlent de désespoir. Leur santé mentale est en péril !"

Avec seulement deux jours pour se préparer, il faut encore chambouler tout ce qui a été mis en place pour assurer une présence partielle des élèves. "Les 3è ne viennent que le jeudi, les 5è et les 6è ne viennent que le vendredi. Nous n'avons en réalité qu'un seul jour pour préparer l'ensemble des élèves. Ils ne savent pas ce qu'ils devront faire, s'ils doivent se connecter à l'heure de cour ou encore quand rendre les travaux ?"

Pour s'organiser, les enseignants peuvent toujours préparer des textes, des visios et des vidéos pour expliquer la matière mais cela ne remplacera jamais le contact humain.

Le sujet de la vaccination est aussi avancé avec toutes les imprécisions que cela comporte. Plus largement, Yannci Léglise et les autres enseignants ne peuvent accepter leurs conditions globales de travail. Ils souhaitent une intervention notamment au niveau des masques obligatoires dont l'achat incombe aux enseignants.

Au-delà du mécontentement, des problèmes sous-jacents ressortent comme le manque de financement de certaines écoles permettant simplement d'avoir des fenêtres qu'il est possible d'ouvrir afin de simplement respecter les consignes d'aération.