Charleroi

Carine R., reconnue coupable de tentative de meurtre, elle avait frappé son mari après une dispute.

Mai 2017, Carine et son mari rentrent chez eux, dans leur caravane à Chimay, après avoir passé la journée ensemble. Tous deux alcoolisés, ils commencent à se disputer. Le ton monte et Carine se saisit alors d’un couteau de cuisine avant de de poignarder son époux dans la poitrine. Après une intervention de la police, elle est inculpée pour tentative de meurtre.

Lors du procès, qui s’est tenu le 28 novembre dernier, la prévenue avait expliqué avoir voulu se défendre de son mari. Ce dernier avait été violent par le passé et elle craignait pour son intégrité. En effet, un an plus tôt, Dominique lui avait déjà asséné un coup au visage, lui brisant le nez. Lors de l’instruction d’audience, elle avait expliqué la scène qui avait précédé le coup de couteau. "Il s’est jeté sur moi, j’ai cru qu’il allait recommencer. Je voulais l’en empêcher, je n’ai jamais souhaité sa mort."

Le procureur du roi donne une version similaire du contexte des faits. Il décrit une violente scène ménage où l’alcool a joué un rôle prépondérant. Carine reprochait à son conjoint de vouloir continuer à boire, une remarque qu’il aurait mal prise. Le parquet admet également que la victime avait été violente avant la scène mais juge la réaction de Carine disproportionnée. Le coup porté aurait pu avoir des conséquences bien plus graves. Pour ces raisons, le ministère public avait requis une peine de 5 ans d’emprisonnement. Il ne s’était, cependant, pas opposé à un potentiel sursis. Une mesure dont la prévenue pouvait encore bénéficier en raison de son absence de condamnation précédente.

Me Bodart, à la défense, avait rappelé la relation compliquée de sa cliente avec son époux. Elle avait évoqué les profonds remords dont faisait preuve Carine. Des remords qu’elle avait d’ailleurs exprimés avec beaucoup d’émotions lors de l’instruction. Selon la défense, il n’a jamais été question de tuer, en atteste la rapidité avec laquelle la prévenue avait appelé les services d’urgences après l’incident. Elle avait donc plaidé la suspension du prononcé à titre principal.

Ce mercredi, le tribunal de Charleroi a remis son jugement. Il reconnaît la tentative d’homicide mais également les circonstances atténuantes qui l’entourent. Il a prononcé une peine de 5 ans d’emprisonnement avec sursis.