Malgré des preuves accablantes, les deux prévenus nient les hold-up

CHARLEROI La fin de l’année 2007 fut émaillée de plusieurs attaques de grands magasins, dans la région de Châtelet. Les enseignes Champion, Lidl, Match et Cora ont vu débouler deux malfrats armés et cagoulés, dont l’un était vêtu… d’un bleu de travail tâché de peinture.

À chaque fois, les auteurs ont pris la fuite à bord d’une Seat bordeaux. Plusieurs indices vont amener les enquêteurs à soupçonner Kamil Y., dont le pedigree affichait déjà quelques vols avec violence. D’une part, le bleu de travail a été jeté après le braquage du Match de Châtelet. Grâce aux indications inscrites sur le vêtement, les policiers sont remontés au frère de Kamil.

Et l’analyse ADN a permis d’identifier deux profils : celui de Kamil et celui de Murat, l’un de ses amis déjà condamné à 7 ans de prison pour une série de hold-up. Ce lundi, les deux suspects se défendaient devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Et à entendre la substitute Léonard, les preuves sont accablantes. “Lors des perquisitions chez Kamil, on retrouve 6.500 € en liquide, un pull Oxbow et des baskets aperçues lors de plusieurs faits et la fameuse Seat bordeaux. L’expert automobile a pu démontrer qu’elle avait été accidentée et qu’il s’agissait bien du véhicule qui a embouti une Audi A6, lorsque les policiers l’ont pris en chasse après l’attaque du Lidl de Farciennes”.

Pour le Parquet, il ne fait aucun doute que les deux prévenus sont coupables. Et vu leurs antécédents spécifiques, ils méritent une peine lourde. Du côté de la Défense, Mes Gras et Château ont plaidé à “rebrousse-poil”, soulevant des éléments illogiques pouvant instiller le doute sur la participation de leurs clients aux faits. “L’argent trouvé chez mon client peut provenir de son petit commerce de voitures”, explique Me Gras. “Le bleu de travail est à lui, mais il ne le portait pas. Quant à la Seat, il a toujours dit l’avoir achetée en l’état et n’avoir fait aucune réparation de carrosserie”. Le juge Coppée, à qui “on ne la fait pas”, a bouclé l’audience en rappelant à Murat ses déclarations contradictoires. Suffisant pour le condamner ?



© La Dernière Heure 2012