Le conseil communal vient de valider cinq changements pour les noms de rues à Charleroi, Gosselies et Dampremy. Pour rappel, suite à la fusion des communes à la fin des années 70, de nombreuses rues portaient le même nom, qu'ils soient de personnages célèbres (Jules Destrée, typiquement) ou de lieux communs (rue du Moulin, rue Haute, etc.). En 2012, Charleroi a été une des dernières villes à se lancer dans le long processus de suppression de ces doublons : 386 rues, places et squares étaient concernées : c'est toujours dans cette liste que s'inscrivent ces dernières modifications.

"Les citoyens ne doivent entreprendre aucune démarche avant de recevoir un courrier officiel de la Ville de Charleroi leur annonçant officiellement le changement du nom de leur rue, suite à la décision du conseil communal", précise la Ville de Charleroi. Le choix des noms a été fait par la commission odonymique après consultation citoyenne et demandait l'approbation des élus.

Voici les rues qui sont concernées, et les noms qui seront désormais d'application officiellement, ainsi qu'une explication de la ville sur le choix :

  • Gosselies - Modification du nom de la "rue des Ecoles" par "rue Madrée" : Madrée était le nom d'écrivain d'Auguste Leroy (1872-1960), inspecteur de l'enseignement, écrivain wallon et auteur du dictionnaire wallon de Gosselies.
  • Charleroi - Modification du nom de la "rue de la Croix Rouge" par "rue Fernande Volral" : Née à Champigneulles en France en 1920, exécutée à Woffenbuttel le 7 aout 1944. Sa famille s'installe à Charleroi dans les années 1930. Dès 1941, elle officie comme agent de liaison dans la Résistance. Fin 1942, elle dirige d'audacieux sabotages. Arrêtée le 23 février 1943, sur dénonciation, elle sera décapitée à la hache par les Allemands. Une plaque est placée Avenue des Alliés sur le bâtiment que tenaient ses parents.
  • Charleroi - Modification du nom de la "rue Bayemont" par "rue Emile Maufort" : Emile Maufort (1921-1943), dont le père était policier à Charleroi, habitait rue Bayemont avec ses parents et sa sœur Paulette. Il était pompier à Charleroi et faisait partie d'un réseau de résistance active. Arrêté en juin 1942, il a été exécuté (fusillé) au tir national de Bruxelles le 20 avril 1943.
  • Gosselies- Modification du nom de la "rue Belle Vue" par "rue de Champagne" : Région très prisée par les Wallons.
  • Dampremy - Modification du nom de l' "Avenue du Centenaire" par "Avenue Arille Carlier" : Né à Monceau-sur-Sambre en 1887, mort à Charleroi en 1963. Journaliste, avocat et militant wallon, il effectue son stage d'avocat chez Jules Destrée (1911-1914). Fonde la Ligue wallonne de Charleroi, la Société des Amis de l'Art wallon, et siège a l'Assemblée wallonne. Publie un journal clandestin pendant la première guerre mondiale, "La Wallonie autonome", ce qui lui vaudra des ennuis avec la justice a la libération du territoire! Fonde la Société historique pour la Défense et l'Illustration de la Wallonie (1938), qui deviendra l'Institut Jules Destrée en 1960. En 1940, il s'engage dans le mouvement de résistance Wallonie libre. Arrête en 1941 pour avoir diffusé des tracts (La Wallonie libre est aux côtés de la France libre), il demeure prisonnier en Allemagne jusqu'en août 1943. Il participe aux réunions du Congrès national wallon. Il sera plus tard membre du MPW. Il est connu aussi pour ses travaux de dialectologie. L'Avenue du Centenaire est toute proche du monument érigé à sa mémoire. Il ne peut y avoir de confusion avec la Cité Carlier à Monceau-sur-Sambre.