Ce week-end, une soixantaine de professionnels venus de Belgique, de France ou encore des Pays-Bas seront au CEME de Dampremy pour trois journées sur la "communication sensorielle" et plus spécifiquement le "snoezelen".

Il s'agit d'une approche pour accompagner des personnes fragilisées et démunies. "Cette approche permet d'observer ce qui se passe pour proposer un environnement sécurisant, afin que la personne développe ses compétences et ses sensations. Ca peut être pour un bébé qui vient de naître, un petit enfant placé par la justice hors de son milieu familial, un ado en difficulté, un adulte qui a vécu un traumatisme comme un coma prolongé, une personne qui commence une démence de type Alzheimer, une personne en fin de vie..." nous explique Françoise Clerquin, de l'association Snoezelen Sans Frontières. "On passe par la sensorialité: la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat, etc. Tout ce qui permet un accompagnement qui sécurise et qui permet une liberté d'expression."

Ce sera plus clair avec un exemple: "nous avons accueilli un bébé qui se balançait excessivement, jusqu'à se taper la tête contre les barreaux de son lit", ajoute Cathy Gyselinck, directrice de l'asbl l'Accueil, centre de protection de l'enfance qui accueille des enfants de 0 à 6 ans placés par la justice. "En l'observant et en essayant des choses, on s'est rendu compte qu'un matelas vibrant l'apaisait. Il n'avait plus besoin de s'auto-balancer pour se sécuriser. C'est cela l'approche snoezelen, on apaise les angoisses et les tensions, et ça permet de s'ouvrir à l'autre, à la découverte du monde. Dans chaque geste du quotidien, on vient mettre une ambiance de détente qui répond au sens de prédilection de l'individu en détresse : ça permet qu'il abandonne ses réflexes de défense contre l'environnement défectueux qui l'entoure." Les enfants placés par les instances judiciaires ont subi des négligences ou des maltraitances importantes. "On y est de plus en plus confrontés", nous confie-t-on. "Parce qu'on est face à des familles qui vivent une multiplicité de précarités: économique, troubles psychiques, dépendances, précarité cognitive, etc. Même tout petits, les enfants peuvent avoir de gros troubles relationnel, et ils se recentrent sur les sensations de leur coprs au détriment de leur environnement. Ca peut être se balancer, comme dans l'exemple, ou faire un bruit pour se rassurer, ce genre de choses."

Des intervenants prendront donc la parole tout le week-end sur le sujet du "snoezelen". Il s'agit d'un forum francophone, mais qui sert de préalable au forum mondial, qui aura lieux l'année prochaine, ici en Belgique. Au CEME de Dampremy, à Charleroi, d'ailleurs.

"Cette approche est un véritable art de la relation et de la communication que nous avons à cœur de déployer dans chacun de nos gestes et actes du quotidien avec ces enfants. Le but est d’offrir aux enfants des moments de détente sensorielle où ils vont pouvoir se poser et se déposer, et où les expériences vécues ne seront plus menaçantes mais au contraire vont favoriser un relâchement total. La contenance, la chaleur, la rythmicité, l’accordage et l’écoute de l’adulte à chaque instant de la relation, vont aider progressivement ces enfants à s’ouvrir au monde qui les entoure. Ces expériences sensorielles qui « réveillent » les sens primaires tels que vue, odorat, toucher, ouïe et goût mais aussi les sens proprioceptifs et vestibulaires, en toute sécurité, réduisent le stress, tensions, l’agitation, les comportements violents… Cet art de la relation et de la communication trouve tout son sens auprès des enfants dont nous nous occupons au quotidien."