Des dizaines de pigeons ont souffert le martyr ce mardi à Marchienne-au-Pont après avoir été, semble-t-il, empoisonnés. Des poussins sont morts de froid, leurs mères mortes le long des quais de Sambre. Quand on a appelé la Ville de Charleroi pour s'assurer que la commune n'était pas à l'origine de cet acte barbare - ce n'était pas le cas - on en a profité pour faire le point sur les mesures concernant les pigeons, au-delà de la scène cruelle de ce mardi.

Parce qu'on le sait: la prolifération de pigeons peut être nuisible. Les fientes peuvent être porteuses de maladies, et elles causent des dégâts autant dans les espaces publics que chez les particuliers. C'est d'ailleurs la Propreté Publique qui s'occupe de la gestion des pigeons, à Charleroi... c'est dire!

Cependant, alors que le service SOS Propreté avait fait l'acquisition d'un canon à filets, en 2018, on dit aujourd'hui se pencher sur des solutions encore plus humaines. "Il y a trois agents qui s'occupent de gérer la population des pigeons, c'est acceptable au niveau bien-être animal, mais on peut faire mieux", souligne le cabinet de l'échevine Alicia Monard. "Avec le cabinet de la Propreté, l'échevin Mahmut Dogru, et la vétérinaire communale, on s'est réuni pas plus tard que mardi matin sur les conseils de GAIA (Groupe d’Action dans l’Intérêt des Animaux, NdlR). Décision a été prise de se tourner vers les graines contraceptives. Une entreprise nous a remis un devis pour faire un audit de la population de pigeons, afin d'évaluer les besoins en distributeurs à graines. Les budgets sont déjà assurés, il y a un accord politique sur la question."

La pilule contraceptive pour pigeons, c'est en effet une des façons de gérer humainement la population aviaire. "C'est ce qu'on préconise: le colombier urbain, où on nourrit et abreuve les oiseaux, nous permet de distribuer des graines contraceptives pour éviter toute prolifération tout en s'assurant de la bonne santé des animaux", indique l'asbl Au Bonheur de Vica, qui collabore avec plusieurs communes wallonnes. "S'il y a des rapaces, cela dit, ça peut poser des problèmes parce qu'il ne faudrait pas que l'effet contraceptif se passe du pigeon au rapace. C'est la raison pour laquelle on procède aussi manuellement à des petits tours de passe-passe, en allant remplacer les oeufs de pigeon par des oeufs en plâtre, juste après la ponte. On peut alors contrôler plus facilement la population. Mais il y a un équilibre à avoir : on ne peut pas non plus empêcher l'ensemble des pigeons d'avoir des petits, parce que ce sont des animaux intelligents, qui quitteront les colombiers s'ils n'arrivent pas du tout à procréer. Et là ils échapperaient à tout contrôle."