On sait à peu près ce qu’est la maîtrise d’œuvre, qui consiste à concevoir le réaménagement d’un espace public et à en coordonner l’exécution. Charleroi veut recourir à la maîtrise d’usage : il s’agit d’associer les utilisateurs au remodeling de leur cadre de vie, en les consultant sur les fonctions qu’ils jugent prioritaires (stationnement, mobilité, végétation, aires de jeux ou de rencontre, etc.).

L’apparition de cette procédure s’inscrit dans le cadre du "Plan Places" qui porte sur la rénovation de 17 des 128 places et squares communaux. En règle générale, les projets se discutent entre l’autorité et les architectes urbanistes, ils ne sont soumis à consultation que lors de l’enquête publique. Comme l’explique la première échevine de la Participation Julie Patte (PS) qui pilote ce dossier, la maîtrise d’usage associe la population beaucoup plus tôt, dès le stade de la pré-esquisse.

Une première expérience vient d’être commencée pour la place Albert Ier à Monceau, juste à l’entrée du château et du parc Mandela.

Vendredi, une quarantaine de participants représentant les forces vives ont été invités à une réunion. Après une présentation des enjeux de la maîtrise d’usage et des intentions architecturales, ils ont réfléchi en petits groupes aux fonctionnalités à privilégier. Comme l’explique la première échevine, "la mobilité a concentré l’attention". Et c’est logique : la place ouvre un accès direct à la route de Mons via la rue du Moulin, ce qui favorise des vitesses élevées. "Nous avons recueilli les propositions pour aller au-delà de la création d’une zone 30. Dans une seconde phase, l’ensemble des usagers de la place seront conviés à nous faire part de leurs remarques soit par écrit (en les déposant dans l’une des quatre urnes installées à Monceau) soit de manière électronique pour le 7 novembre au plus tard." La synthèse de ces remarques sera faite dans un carnet de cohérences, à établir sous quinzaine. "Il reprendra un maximum des avis exprimés, sans pouvoir les intégrer tous", note Julie Patte. Ce carnet servira de base de travail aux architectes.

Le deuxième avantage de la maîtrise d’usage, c’est l’information continue sur l’évolution du projet. "L’engagement est pris de revenir vers les citoyens tout au long de la procédure pour qu’ils sachent où l’on va." L’objectif est d’obtenir le permis d’urbanisme en octobre 2021 pour pouvoir désigner un entrepreneur au printemps suivant. Le chantier pourrait ainsi démarrer en mai 2022.