Le chef de groupe Écolo Luc Parmentier s’inquiète de cet état de fait.

À Charleroi, jamais la zone de police n’a connu un niveau d’effectif aussi bas : en novembre, on n’en était qu’à 894 hommes, alors que le cadre qui devrait en compter 1262 a été limité à 931 unités opérationnelles dans le plan de gestion.

Et l’on ne parle pas des restrictions de service (interdiction du port de l’uniforme, de la participation à des missions, du contact avec le citoyen, etc) qui ont touché 459 membres du personnel entre mars 2014 et septembre 2015.

Au sein de l’opposition politique communale, le chef de groupe Écolo Luc Parmentier s’inquiète de cet état de fait, alors que la majorité PS-MR-cdH s’était fixé pour ambition de renforcer la sécurité. "Budgétairement, la diminution du nombre d’hommes constitue une bonne nouvelle pour la Ville puisque sa dotation se calcule sur le nombre de membres du personnel, le premier poste de dépenses. Mais nous pensons que cela cache un gros problème d’attractivité."

Selon lui, l’attrait d’une zone repose sur deux éléments : les conditions de travail d’une part, et notamment le niveau de confort des locaux et la qualité des équipements. "De ce point de vue, un effort a été réalisé", concède-t-il.

La police jouit en effet de locaux modernes et performants depuis un an, même si l’on entend des policiers se plaindre du manque de convivialité que favorise la configuration des bureaux, très compartimentés. Deux : l’équipement. "On est sorti de l’époque où le charroi était dans un état pitoyable, où les policiers se plaignaient de la médiocre qualité de leur matériel. Des investissements ont permis d’améliore les choses", concède Parmentier. "Par contre, le volume d’heures supplémentaires payées s’est réduit comme peau de chagrin. Or, c’était un véritable facteur d’attractivité pour la zone, le personnel pouvant arrondir ses fins de mois. Seules 2.400 heures ont été comptabilisées cette année, soit une moyenne de 2 à 3 par mois par policier. Autant dire rien."

Pour le porte-parole de la police David Quinaux, "notre zone a corrigé son déficit d’image. Un important travail de communication a été mené dans les médias, sur les réseaux sociaux et il porte ses fruits. Avant, nous n’avions pratiquement aucun candidat pour nos appels au recrutement. Désormais, chaque offre donne lieu à une soixantaine de demandes. Pour ce qui est des heures supplémentaires, la réduction touche des policiers déjà en place, elle ne freine pas les nouveaux. David Quinaux assure que la présence de militaires en ville s’inscrit dans le cadre de la politique de prévention des risques terroristes, cela ne compense en rien un sous-effectif." Le vote du budget 2016 de la zone de police ce lundi au conseil communal devrait faire débat.