C’est un bourgmestre inquiet, presque désespéré qui s’est exprimé ce lundi soir au conseil communal de Charleroi organisé en distanciel par vidéoconférence. "Je ne sais comment faire pour convaincre nos concitoyens de redoubler d’efforts de précaution, car il est clair qu’il existe un décalage entre la situation que traversent les hôpitaux et les comportements irresponsables d’une petite minorité de citoyens. Depuis sa mise en place après la deuxième guerre mondiale, jamais notre système de santé n’a été soumis à une telle pression, à la fois sur le plan humain, matériel, émotionnel et logistique. J’implore chacun de nos élus locaux de faire passer le message, d’appeler à la plus grande responsabilité."

"On en est arrivé à faire le décompte des jours qui nous séparent encore du moment où notre système de santé va craquer, où les équipes soignantes vont devoir faire le choix moralement inacceptable de sauver un patient plutôt qu’un autre." Il a insisté également sur l’absolue nécessité de maintenir les écoles en activité. Pour lui, l’enseignement est le deuxième pilier qui doit continuer à fonctionner, après celui des soins. Parce que les pédopsychiatres et les psychologues nous l’affirment : empêcher les enfants d’aller à l’école causerait des dégâts de santé mentale énormes. "Alors que les contaminations sont marginales chez les moins de 12 ans."

Il a enfin affirmé qu’aucune ville n’avait fait autant que Charleroi pour soutenir son économie de proximité et sa population. Charleroi a emprunté 20 millions d’euros dont 10 engagés dans un premier plan de relance. "Nous travaillons à l’élaboration de nouvelles propositions de mesures pour faire face à la deuxième vague."