Il y a des personnes qui ne réfléchissent pas quand il faut prêter assistance à quelqu'un. C'est le cas de David Lerat, 41 ans livreur de mazout pour la société Q8.

Alors qu'il livrait du mazout à la rue Auguste Delvaux à Jumet à 6h15 ce lundi matin, David remarque une dame qui s'agite à la fenêtre. N'y accordant pas plus d'attention il continue ses manœuvres destinées à approvisionner son client en mazout.

Toutefois, l'attitude de la dame le perturbe. Quelque chose ne va pas. Le livreur interpelle alors son client qui remarque également le comportement anormal de sa voisine. En faisant plus attention ils remarquent que de la fumée s'échappe de la maison.

A partir de là, tout se bouscule dans la tête de David et, n'écoutant que son courage, il se précipite chez la dame.

© FVH

Celle-ci est à sa fenêtre en façade et ne peut sortir car un garde corps l'en empêche. "Une fois qu'on a vu que la maison était en feu, j'ai fait mon possible en rentrant par la fenêtre. Il était impossible que je la fasse sortir seul car je ne savais pas faire passer la dame au-dessus du garde-corps haut d'1,5 m. J'ai appelé de suite les services d'urgence avant de retourner au camion chercher un extincteur. Dans la précipitation je n'ai pu détacher le plus gros. Je suis parti prendre celui dans la cabine avant de retourner auprès de la dame. Je suis allé dans la cuisine, où il y avait le feu. La fumée devenant de plus en plus épaisse, je n'ai pu l'éteindre qu'à deux tiers. Je suis revenu voir comment elle se portait à la fenêtre où je l'avais placée mais elle n'y était plus. Prise de panique et désorientée, elle était revenue plus dans son habitation pour se placer à côté de la porte d'entrée. Hélas, je n'ai pas trouvé les clés. Nous ne voyions plus rien. Nous sommes revenus à la fenêtre pour respirer avant que je ne retourne essayer d'éteindre le feu. Les fumées devenant encore plus épaisses, j'ai décidé de rejoindre à nouveau la dame qui avait encore quitter sa place. Nous commencions à avoir du mal à respirer. Elle était retournée vers la porte que nous ne savions pas ouvrir. Ni une ni deux, nous sommes revenus à la fenêtre. A ce moment là des policiers sont arrivés. L'un d'eux a enjambé le garde-corps afin de soulever la dame et l'extraire du brasier. Le voisin et une autre personne l'ont récupérée à l'extérieur."

Si David n'a écouté que son courage, après coup il reste marqué par son sauvetage. "Je devais absolument la faire sortir et contacter tous les secours. Je ne sais pas comment j'ai fait tout ça. J'ai eu le sentiment de me sentir seul."
Plus tard dans la matinée, le sauveteur est allé prendre des nouvelles de la dame. Embarquée en milieu hospitalier, ses jours ne sont pas en danger et elle a dû être réoxygénée.

Sur place, il a aussi retrouvé le voisin client qui lui a fait remarquer que "s'il n'était pas venu livrer le mazout à cette heure si matinale. Personne ne se serait rendu compte que la dame était en danger. Elle aurait pu être intoxiquée, perdre connaissance et périr dans l'incendie de la maison."

Quand on demande à David pour quelles raisons il a fait ça. Il répond avec une humilité qui force le respect "cette dame est sans doute la maman de quelqu'un et je pense n'avoir fait que ce que tout le monde aurait fait !"