Le procureur fédéral Julien Moinil a requis mardi des peines d'emprisonnement allant jusqu'à dix ans, de fortes amendes ainsi que des confiscations à l'égard des principaux prévenus jugés cette semaine par le tribunal correctionnel de Charleroi au Spiroudôme dans une vaste affaire de fraude aux voitures neuves. Passant en revue les préventions retenues contre les prévenus, le procureur fédéral a cherché le plus souvent à préciser leurs rôles dans l'organisation comme dirigeants, faussaire, "secrétaire-logisticienne", hommes de paille, fournisseurs de fausses fiches de paie, revendeurs de voitures, facilitateurs à différents degrés, conducteurs ou encore récupérateur de dettes. Comme il l'avait déjà précisé lundi lors du premier jour du procès, les agissements des prévenus sont pour le ministère public ceux d'une organisation criminelle, prévention qu'il a retenue pour une majorité d'entre eux, accompagnée d'autres, comme faux et usages de faux, escroquerie, corruption entre autres.

A l'égard des trois policiers assis sur le banc des prévenus, le procureur fédéral n'a pas retenu la prévention d'organisation criminelle. Le fait pour ceux-ci d'avoir consulté les banques de données propres à la police pour le compte d'un membre de l'organisation est constitutif pour le ministère public d'une grave violation du secret professionnel. Il a requis contre les policiers des peines de prison allant de 18 mois à un an de prison, assorties dans certains cas d'un sursis. Les concernant, pour éviter tout risque de banalisation de ce genre de comportements, il s'est en tout cas dit opposé à des suspensions du prononcé.

En outre, le procureur fédéral a demandé l'acquittement d'une agente communale de la Ville de La Louvière, également poursuivie dans cette affaire.