Le site mémorial de la catastrophe minière de Marcinelle perd de l’argent chaque jour.

Attraction touristique la plus visitée de la région de Charleroi Métropole avec 60.000 entrées par an, le Bois du Cazier se prépare à connaître le premier déficit d’exploitation de son histoire. 

"Depuis l’ouverture du site en 2002, nous avons toujours présenté des résultats en boni", indique le directeur général Jean-Louis Delaet. L’année 2020 dérogera à la règle, avec une perte estimée à 183.000 euros. Un premier budget l’avait sous-évaluée à -45.000 mais la lenteur de la reprise combinée aux surcoûts de la crise a alourdi l’ardoise. Même les aides publiques de relance ne suffiront pas à combler le trou, limitant les dégâts à un peu plus de 100.000 euros de mali. Du jamais vu. 

En puisant dans les provisions bénéficiaires antérieures, l’ASBL sauvegarde son équilibre. Aucune mesure d’économie ne devra donc être prise, le maintien de l’emploi étant garanti. 

© Jockmans

Depuis la reprise des activités le 19 mai, la fréquentation remonte lentement : selon Jean-Louis Delaet, le site sera à un peu plus de 130 visiteurs cette semaine, un léger mieux par rapport aux précédentes mais un effondrement en regard des entrées d’une saison ordinaire, où de 120 à 150 personnes passent les grilles chaque jour. 

Si le site n’a plus accueilli de public étranger depuis mars en dehors d’une famille hollandaise, les flamands représentent la moitié des entrées. Le directeur du site recommande de réserver les visites, bien que ce ne soit plus obligatoire depuis un mois, afin d’éviter tout risque de refoulement. "Dans le respect des normes du protocole sanitaire des musées, nous ne pouvons en effet recevoir plus de 150 personnes en même temps", précise-t-il.

© van Kasteel

Sur le carreau de l’ancien charbonnage de Marcinelle, l’organisation du 8 août s’annonce en mode light. Bien que la jauge de participants ait été revue à la hausse par le dernier conseil national de sécurité, le Bois du Cazier devra limiter les présences. "Nous attendons l’autorisation du bourgmestre pour préparer cette édition intermédiaire avant un rutilant 65ème anniversaire si l’évolution de la pandémie le permet." 

En 2020, la configuration des lieux et le programme seront adaptés aux règles de précaution. Pas de délégation étrangère, de réception ni de banquet : les hommages minimums seront rendus aux victimes et à leurs familles.