C’est avec des béquilles et une imposante genouillère à la jambe gauche que Yassine se présente devant le tribunal correctionnel de Charleroi. La semaine dernière, Yassine a échappé de peu à un drame à la suite d’une crise d’épilepsie. « Il fumait sa cigarette et buvait son café sur son balcon lorsqu’il a été victime d’une crise d’épilepsie, qui a provoqué sa chute quatre mètres plus bas », explique Me Christian Widart, conseil de Yassine.

Hyperémotif et hyperactif, le comportement de Yassine est surveillé de près par sa maman, qui l’accompagne. C’est d’ailleurs, à cause de la présence de la mère de Yassine, que Yassine se retrouve en partie sur le banc des prévenus. Le 23 septembre 2017, Yassine s’est rebellé sur Yasmine et David, policiers de la zone des Trieux.

Ce jour-là, la police est requise à Fontaine-L’Évêque. Il est 18h30 et Yassine vient de se retourner sur la route avec son véhicule. Il faut dire qu’avec 1,66 gramme d’alcool par litre de sang et une consommation de cocaïne et cannabis, il devient plus difficile de rester sur la route. L’intervention policière tourne mal lorsque la mère de Yassine passe sa tête dans le combi de la police. « Elle a été repoussée par la policière et est tombée en arrière. J’ai vu rouge et j’ai sauté sur elle », explique Yassine. Des coups sont donnés à Yasmine et David.

Lors de son transfert au commissariat de Fontaine-L’Évêque, la situation est apaisée. En apparences, car Yassine s’emporte de nouveau sur les policiers dans sa cellule. D’après lui, l’une des policières aurait tenu des propos déplacés et se serait montrée menaçante en se rapprochant de lui avec un air menaçant. « Elle avait la main toute proche de son arme. J’ai pris ça comme une menace. »

Pour ces faits, Yassine a comparu devant le juge d’instruction, qui lui a octroyé des mesures alternatives. Mais le 23 juin 2018, à Fontaine-L’Évêque, Yassine se rebelle sur les policiers de la même zone de police alors qu’il allait chercher un petit joint, de nuit, en rentrant d’une visite chez sa petite amie.

Pour le substitut Dufrasnes, les faits sont extrêmement graves. Mais le comportement de Yassine fait sortir de ses gonds le substitut. Ce dernier n’apprécie pas l’absence de regrets de Yassine et son passé judiciaire. En 2017, Yassine a déjà obtenu une suspension probatoire pour des faits similaires. Une peine de 3 ans de prison ferme est requise, pour protéger les policiers et la société.

Alors que Yassine parvenait à contenir son calme, un problème soulevé par la défense entraîne un incident. Excédé d’entendre l’absence d’images de caméras de surveillance dans la cellule, pouvant éventuellement prouver une provocation, Yassine se rapproche dangereusement de la fenêtre menaçant de se jeter. Il faudra l’intervention de la maman pour calmer Yassine.

Le dossier a été mis en continuation au 22 octobre prochain pour éclaircir cette question sur l’absence des images de vidéosurveillance.