"Il faut protéger la société !" Le message du ministère public est on ne peut plus clair et démontre, à lui seul, le danger que représente Yves. L’homme âgé de 30 ans comparaît ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour des faits d’une gravité extrême. Entre le 26 janvier 2017 et le 12 mars 2019, Yves admet avoir commis des attouchements sur Anna (prénom d’emprunt), sa propre fille encore bébé et âgée seulement de deux ans au moment où les actes sexuels ont débuté.

Tout débute en mars 2019 lorsque la jeune fille âgée de 4 ans mime "le jeu du bébé" devant son beau-père et sa mère. Ce jeu, c’est son père Yves qui lui a appris. La petite écarte les jambes et explique que son père caresse son sexe avec son pénis lorsqu’il l'accueille à son domicile. La mineure avait, précédemment, déjà parlé de ce fameux jeu. "C’était en décembre 2018, mais les parents ne s’en étaient pas inquiétés", précise le ministère public.

Suite aux événements, les langues se délient et une nouvelle victime se manifeste. Il s’agit de Marie (prénom d’emprunt) née en 2009, fille d’une femme qu'Yves a fréquentée quelques semaines. Elle affirme qu’Yves a posé sa main sur ses fesses, alors que sa mère se trouvait dans la cuisine pour préparer une tasse de café à son invité… Lors de l’enquête, les experts informatiques ont également constaté la présence d’une dizaine d’images pédopornographiques sur le téléphone de Yves.

Dans son matériel informatique, de nombreuses recherches démontrent l’attrait du prévenu pour les jeunes filles. "Il y a plusieurs recherches pour des images montrant des filles de 10 ans en maillot de bain ou nues." Fébrile et rempli de honte, Yves avoue les faits commis sur sa fille, mais nie fermement avoir touché les fesses de Marie. "Mais alors, pourquoi elle vous accuse ?", s’interroge le tribunal. "Je ne sais pas", répond Yves.

Vu la dangerosité d’Yves, la prison ferme est la seule option possible pour le parquet. Un rapport d’expertise conclut même qu’Yves a des tendances pédophiles. Outre ce rapport et les faits exécrables, le passé judiciaire d’Yves glace le sang. Ce dernier a déjà été condamné par le tribunal de la jeunesse en 2007 pour viols commis sur sa nièce âgée de 5 ans. La hauteur de la peine de prison ferme est fixée à 6 ans avec une mise à disposition du tribunal d’application des peines (TAP) de 10 ans pour s’assurer de la mise en place d’un suivi thérapeutique pour tenter de soigner le trentenaire.

Jugement le 1er octobre.