Le nombre d'élèves au 15 janvier déterminera les périodes et le nombre de prof attribués aux écoles secondaires pour 2020-2021.

La rentrée scolaire de janvier est une période cruciale à plus d'un titre pour les écoles du secondaire.

D'une part c'est à ce moment de l'année qu'on enregistre un pic de nouvelles inscriptions dues à des changements d'écoles et d'autre part, les établissements scolaires fournissent aux autorités compétentes le nombre d'élèves inscrits au 15 janvier. Ce chiffre déterminera le nombre de périodes et de professeurs à attribuer aux écoles pour l'année scolaire 2020-2021.

A l'Institut Sainte Marie de Châtelet, on est conscient de cette réalité mais aussi des difficultés administratives que cela engendre. "Le nombre d'heures que je vais recevoir pour organiser l'école l'année prochaine va être calculé à partir du nombre d'élèves inscrits à la date du 15 janvier," explique Fabienne Svaldi, la directrice. "Cette année nous avons 570 élèves mais j'ai reçu un nombre de périodes calculées sur les 542 élèves de l'année dernière."

Si la chasse aux élèves peut permettre d'augmenter le nombre de périodes donc d'enseignants, la directrice se défend d'user de telles pratiques en insistant sur le fait que l'élève doit rester au centre du projet pédagogique. "En théorie, suivant différents arrangements ou dérogations, quelqu'un qui est en âge d'obligation scolaire peut changer d'école à tout moment de l'année mais il faut être conscient de ce que cela implique. Même si le nombre d'inscrits est à prendre en compte pour la bonne marche de l'établissement, je tiens à m'assurer des motivations et des raisons d'un changement en rencontrant le jeune et ses parents. C'est en discutant que certains avouent ne plus se plaire dans leur école ou même avouent être harcelés et ne jamais en avoir parlé avec l'équipe pédagogique. Dans ces cas-là, il est possible de remotiver l'élève et l'aider à résoudre ses problèmes. Certaines fois ce sont les parents qui veulent ce changement et si leur enfant n'est pas d'accord cela risque de ne pas fonctionner."

Les nouvelles inscriptions sont aussi le reflet d'une certaine réalité. Des élèves quittent des établissements dits "élitistes" en espérant plus de facilités. Ce sentiment d'être une école plan B, Fabienne Svaldi l'a ressenti il y a quelques années. "Quand on a des élèves qui changent après la troisième on a le sentiment qu'ils arrivent ici par dépit. Mais depuis quelques années nous avons une augmentation des inscriptions en première preuve que des élèves envisagent d'accomplir toute leur scolarité chez nous."

Avant de changer d'école, la directrice attire l'attention sur différents facteurs à prendre en compte. "Il faut être attentif à la distance et au moyen de locomotion, aux sensibilités du nouvel élève mais aussi de la capacité et de la motivation de l'équipe pédagogique à aider le jeune à se remettre en ordre dans ses cours."